lundi 14 mars 2022

Keuf, trop keuf

J’entends, souvent pour me contredire, que derrière un humain il y a toujours un humain. C’est faire fi que *devant* un humain, il y a un être SOCIAL, je veux dire qui entretient de manière plus ou moins consciente (qu’avons-nous à faire de cette « conscience », dans cette circonstance précise, puisqu’ici c’est le *résultat* qui se présente à nos yeux qui compte) une RELATION sociale avec autrui. Ainsi, lorsqu’un policier, un juge, par exemple, a choisi, et est employé à une tâche SOCIALE, il en a accepté le contrat par la signature qui signifie son total consentement, et il accepte les émoluments sur son compte en banque : il a accepté une contre-partie SOCIALE (de l’argent de l'État ou d'une société) pour achever (selon lui) un ouvrage SOCIAL (être aux ordres de la loi et de ceux qui la font en faisant service d’ordre) en sorte de l’appliquer !

Je me souviens de cette chanson de Gilles Servat qui relatait ce flic qui tape sur son frère : quand un frère tabasse son frère pour une CAUSE et que cela ne l’interroge pas, il ne s’agit pas pour lui de *discuter* d’une cause à coups de matraque, mais de l’exécution d’un contrat SOCIAL auquel il obéit, pour l’avoir SIGNÉ, et auquel il S’ADONNE contre monnaie trébuchante, puisqu’il tient la matraque qui tabasse, le LBD qui meurtrit et les lacrymaux qui étouffent ; et de l’IMPOSER. Le policier qui se dédie au « maintient de l’ordre » sait, d’emblée, de QUEL ordre il s’agit : celui du capital (qui cache derrière son petit doigt le patriarcat en mouvement), il SAIT de QUOI il retourne... il n’est PLUS innocent.

Effectivement, le flic est une personne en soi et pour soi : elle se détermine et se réalise SOCIALEMENT selon SA volonté. Que cela soit su.



mercredi 9 mars 2022

"Ptit-chef ! Ouais ptit-chef !!"

Quelles sont les entraves à ce jeu merveilleux qu'est la Vie ?

J’ai rapidement reconnu le trouble de l’affaire, très jeune, de la délicatesse de ma position dans le monde, ne serait-ce que l’imbécilité de mes parents et de mes professeurs, mais (vous savez...) la force de la vitalité dont j’étais alors doté avait comme gommé ces aspérités à la joie de vivre la vie. Le monde humain est tellement malveillant – et sans qu’on daigne se pencher sur une solution à ce grave problème – tellement « con » (comme on dit) que se sont davantage les moments de joie qui paraissent des étrangetés qu’on accueille comme des bouées dans l’océan de sa chiasse ; et je ne parle pas de ses moments de liesse artificielle sur des sujets dérisoires, semblables à des ancres dans le sable qui le maintiennent noyé dans les courants contraires de la bêtise.

C’est que, quand on grandit, on est d’autant ignorant de ce qui va vous advenir et que la nature même de la vie est l’accueil confiant de son advenue et que les lacérations que cette confiance reçoit à mesure du passage de la socialité du temps, plus prompte à cicatriser, forment à la longue comme une gangue protectrice qui empaquette cette joie, comme on voit les mouvements de l’embryon sur la peau de sa mère, sans que cette joie puisse, cependant, ici, ne renaître plus de sa force vitale, qu’en cendre.

En retour, cette gangue – cette cuirasse caractérielle – lui empêche tout retour sur soi, retour *résumé* des souffrances antérieures qu’on approche alors comme insupportables : que peut-on faire (à moins d’une énorme détermination – que d’aucun nomme « courage ») dans cette hypothèse d’une remise en cause de l’absence de bonheur, sinon qu’asexué, chez l’humain quand on se retrouve seul face à l’organisation minutieuse, socialement méticuleuse, *bureaucratique* de cette soustraction ? S’en sortir est peu probable. Au surplus, les tords (comme les bonsaïs) sont tenaces aux assouplissements, physiologiquement.

On comprend difficilement que cette gangue est pareille à une *isolation* du monde, que le monde n’est plus perçu qu’à travers elle : le monde se doit de la traverser pour parvenir à nos sens, déjà alanguis. Incidemment, ignorer son environnement revient à ignorer la violence qu’on y exerce et celle qui vous a été supliciée. Et, bambin ou gamin, on est placé face à une multitudes de petites – quasi anodines – violences, en tel nombre qu’elles vous étourdissent, et vous réduisent à ce refus de les percevoir, et de percevoir les souffrances qu’elles vous infligent. Ces violences émanent à neuf part pour dix, simplement du monde humain dans lequel vous vivez, baignez, vous nourrissez et requerrez chaleur et affection. Non pas que vous ne receviez pas en suffisance (quoi que...) de cet « amour », mais que vous deviez vous en méfier ! du fait de *ne pouvoir pas vous y abandonner en toute confiance*.

Mais les gens en arrivent a un tel point de cuirassement qu'ils en oublient ce qu'ils avaient initialement été, ce qu’ils avaient initialement vécu et les choix qu’ils ont dû opérer pour s’en sortir, pour n’en plus percevoir que le présent alourdit et juge du monde, non pas du point de vue de cet initial égaré mais de cette pesanteur dans laquelle le monde les a jetés, de sorte que leur propre initial – grossièrement pourtant correspondant à tous, comme élément de satisfaction, de convivialité ; enfin, bref, de grégarité ! — qui parvient à les gêner et qu'il leur devient insupportable de percevoir gigoter chez autrui, insupportable au point de désirer l'emprisonner.

Nous nous trouvons donc confrontés a deux problèmes actuels issu d'un seul :
- ne pas pouvoir ne pas mettre en prison
- alors qu’on languit d’une liberté qui ressemble à ce dont se nourrissent les habitants de la lune.
C’est ici précisément le projet de la *bureaucratie* ! La bu-reau-cra-tie est le *moyen* de réaliser ce projet de ne plus pouvoir s’aborder pour éviter de se saborder sans s’aborder, tout en sabordant tout ce qui permettrait son abord.

Je circonscris ici le sabordage de la vie par la bureaucratie : la bureaucratie se détermine à IMMOBILISER toutes velléités ou subreptices mouvements de la vie, ceux qui occurent au cours de l’existant, selon son cours, alors que PERSONNE ne daigne pencher sa pensée sur ce phénomène putréfiant de la bu-reau-cra-tie, cette déification de l’immobile, comme délire d’aboutissement matériel de la vie immobilisée. Quand, dès son enfance, on vous inculque que de se « mouvoir » en dehors de tout ce qui n’est pas bureaucratique (hé ho ! programmé ? idiot que nous sommes... évidement ! mais par qui ? un immobilisé quêtant l’immobilisateur qui provoquera l’immobilisation) est de l’ordre de l’immoral... à quoi pouvez-vous donc vous opposer, sinon que de vous soumettre ? encore que « soumis » vous perpétuez cette soumission, du seul élan de vouloir correspondre à la PAIX à laquelle vos périples concluraient idéalement. Le mouvement est l’absolu antithèse de la bureaucratie.

Je posais tout à l’heure ces deux problématiques de la cuirasse caractérielle, selon quoi on S’exclue par dénégation de la vie tout en justifiant l’absence de son atteinte à l’agréable.

De fait, tenir le courage de la complexité enlacée par le fil de la sincérité – qui, elle, ne détruira jamais, jamais de jamais, (rien de) la vie qui passe à sa convenance – semble comme une ultime joyeuse rébellion contre cette bu-reau-cra-tie. Actuellement, l’autorité S’IMPOSE à nous comme une entité inaliénable : a-t-on entrevu un jour une entité humaine inaliénable ? Non : il s’agit donc d’une supercherie !

L’humain actuel est tiraillé par le miroitement de ces deux faces de l’immobile que j’ai énoncées plus haut, quand elles restent des *conséquences* de cette immobilité, de la pièce-même. Je vais complexifier l’affaire. Il y a deux choses qui nous sont apprises au cours de notre prime enfance : à jouer de sorte que vous vous en sortiez gagnant : le jeu est perdu car le jeu ne consiste pas, ou plus, à jouer, tout simplement, et que vous est inspiré un but à votre vie (à ce jeu de la Vie), quand elle n’est que le cours d’un temps ! Pire : lorsqu’on vous interdit de jouir selon le goût de votre intime – celui de vos organes aphrodisiaques (vous savez, ces trucs « génitaux ») –, vous égarez la *sensation* du vécu pour tenter de la retrouver dans un *gain*. Le gain est l’avers de cette pièce où l’envers est la violence de la bureaucratie, de sorte que la pièce, en tant qu’existentiel, ne trouve plus d'autre critique – c’est inimaginable – à son existence-même : le capitalisme cache derrière son petit doigt, le patriarcat en mouvement. Ce qu’on « apprend » au cours de la prime enfance, ou tout nous paraît alors comme de naturel, c’est l’existence-même de cette pièce, dont l’avers est le gain et le revers la bureaucratie, alors que cette pièce est une réalisation de l’imaginaire *minéralisé* de la VIE.

Je réfléchissais cet après midi à mes bêtises et me disais, alors que je suis un ferme adepte de la trialectique, qu’il faudrait que je puise démontrer qu’en fait, la vie circule suivant une *quadrilectique*, ce qui serait (selon moi) une approche correspondant mieux à la complexité des émotions humaines et de ses répercutions sur les modalités de la grégarité. Je résume :

Nous avons un qui se divise en deux et chacun de ces deux se divise en deux : nous avons quatre.
La problématique de la cuirasse peut alors s’énoncer de cette manière :
- UN : j’ai un être nouveau-né (dans la mesure où sa mère l’a convenablement accepté intra utero)
- cette beauté monstrueuse de la nature, dotée d’une cervelle énorme capable d’auto-réflexion nait
- elle détient toute la plasticité qui lui permet de s’adapter à TOUTES les situations, de quelque nature soient-elle !
- DEUX : elle s’adapte à l’environnement qui l’accueille : la langue, les goûts, les odeurs, la fréquence des contacts (ces « toucher »), les bon-soins qu’elle reçoit ; la restriction ou non à ses mouvements (par l’emmaillotement : quelle souffrance n’inflige-t-on pas à l’enfant ! et que dire de ces poussettes à sécurité ?), etc. La personne de l’enfant s’ADAPTE à tout ceci.
- Un demi de quatre : le nourrisson ne s’adapte pas : il prend ce qui se présente à lui selon la satisfaction de sa propre vie : ne reçoit-il pas en suffisance de nourriture : il va pleurer, et ensuite cesser de pleurer car il se RÉSIGNERA à sa situation, qui a pour aboutissement de lui faire RESSENTIR que cette absence de soins est naturelle. Vous comprenez ?
- ensuite, l’enfant doit *comprendre* son état – c’est de l’ordre de la nature humaine que de comprendre SON état, CE que l’on vit, ou plutôt, d’y trouver, à partir de ce qu’on a appris déjà, une INTERPRÉTATION de son état, une REPRÉSENTATION DE SOI dans le monde. Jusqu’alors, il n’y a eu AUCUN mot (image verbale), mais uniquement des SENSATIONS ***MODULABLES*** en vue de cette adaptation. J’ai mis trois * à « modulables » pour tenter de bien décrire qu’il s’agit ici d’un contexte où le *mot* n’a pas encore d’existence, alors que seules les SENSATIONS vivent, et qu’elles ne PEUVENT QUE s’adapter au moment de l’endroit. Vous comprenez ? Un enfant emmailloté le huitième du jour (quand ce n’est pas la moitié du temps) DOIT trouver une justification À PARTIR DE SES SENSATIONS à SON état de malheur, à son état d’existence ! (je peux aussi parler de l’enfant *sanglé* dans sa poussette)
- l’adaptation de l’enfant se fera de toutes façons : il va MODULER ses possibles de plaisirs (la bureaucratie est de penser que la vie puisse advenir en dehors de tout plaisir de vivre, sinon que rigidifié sur un support) de sorte à soutirer un *minimum* de plaisir quand il vit actuellement dans la souffrance physique et affective. Alors, les souffrances qui lui empêchent (on sait ou reconnait incidemment qu’il y a meilleur quelque part, parce que la vie gigote, tout simplement en vue de ce plaisir) de jouir du *jeu* de la vie dans ce cours du temps qui passe à SE vivre, trouve une JUSTIFICATION, un « plausible » assis sur ce qu’il possède déjà : ses SENSATIONS. L’être doit détourner ses sensations de malheurs en quelque chose de plus supportable... vous comprenez ?
- et quand ces sensation deviennent à tel point pénibles, mieux veut alors ne plus les ressentir : héhéhé : c’est la naissance de la cuirasse caractérielle : le nerf, l’organe de la sensation, se coupe lui-même, s’asthénie ou s’anesthésie comme *refus du pire*. Je disais ailleurs : ce qui était initialement de l’ordre du système nerveux « végétatif » et qui ne demande qu’à devenir « central », retourne, dépité, au végétatif. Freud parlait de conscient de l’inconscient : je décris ici ce qui provoque sa théorie, en ceci que ce qui désirait devenir conscient et en jouir, retourne à l’IMPERÇU, cet inconscient (en considérant que tout ne doit pas être PERÇU, bien évidemment ; ce serait une recherche vaine) qui se soulève comme un prolétariat refoulé.

Ainsi, la cuirasse caractérielle vous permet de justifier de NE PAS ressentir votre environnement et de vous y retrouver comme sujet "libre" : comment peut-on être libre sans sensation de son environnement ? Elle provoque cet isolement du monde dont on ne perçoit pas l’obstruction à ses propres sensations, alors que ces dernières sont évidemment la jonction entre vous et lui, le monde, votre environnement. Vous y demeurez comme une individualité séparée de l’essentiel : le troupeau, VOTRE troupeau. Et cette *insensibilité* acquise par habitude et adaptation permet aussi de justifier que vous ne pouvez pas ressentir ce qui est libre, sinon que comme une agression à votre encontre, personnelle quand l’objet de vos diatribes (un enfant, par exemple, ou moi) n’en a que faire.

Cette notion de « cuirasse caractérielle » n’est pas si complexe, finalement (j’ai essayé de le démontrer), mais elle a ceci d’être ANCREÉ dans l’existence, le corps-même de la personne, physiologiquement, et qu’il semble que, quoiqu’on entreprenne, rien ne pourra la dé-li-er de soi : évidemment ! c’est soi-même comme adaptation à ce monde de bureaucrate ! hahaha !!! Est-ce véritablement un problème ? Oui.

Il nous reste à tous un ensemble de sensations qui, pour autant qu’elles soient des *détournements* des sensations originales dont nous a dotées la vie organique, nous permettent encore de percevoir que nous percevons le monde à travers les « filtres » de cette immobilité, ceux de la bureaucratie. Voudrions-nous bousculer cet entrelac, qu’il nous faudra passer par le JEU : c’est à travers le JEU que se révèle l’original JE intégré à l’original NOUS !

Ok : je parle du jeu de la vie qui coule, de celle qui passe. Les jeux de pari, à moins qu’ils soient sans gain, seront trop sanguins (ou exanguins) pour pouvoir être vécus en dehors de tout *sensationnel » ; hahaha !

Bon, nous devrions pouvoir nous en sortir, avec un peu de tolérance quant aux tentatives de poursuivre nos plaisirs, non ? à moins de bu-reau-cra-tie : « Mort aux bolcheviks, vivent les soviets ! ». La différence entre un être sérieusement cuirassé et un autre qui l’est un peu moins, est que le premier va se CRISPER dès qu’il SENT la liberté poindre son nez, tandis que l’autre est (peut-être) capable de lui laisser libre cours. La liberté n’est pas n’importe quoi, ce n’est pas l’anarchie pour le dire comme Neill. La liberté est un commun, pas un individualisme.

Car s’isoler du monde, couper la relation entre le sens et l’interprétation du sens du fait que ce qui est ressenti est insupportable ; et à se cuirasser contre cet insupportable pour le rendre supportable ; revient à se couper d’autrui, en tant qu’intégré à un collectif intégrant. L’environnement comprend autrui, au pluriel, et se séparer sensiblement d’autrui revient à se scinder de l’environnement comme ensemble. On est devenu insensible à la misère, à la pollution, au bruit, à la décrépitude de la nature, ou bien à la détresse affective, au désarroi amoureux, à ce qui fait et donne vie à notre nature d’être vivant. On devient un petit-chef qui doit défendre sa forteresse et pour cela, imposer à autrui ce qu’il se défend à lui-même : son libre est une prison pour autrui et il établit des contrats – des lois – propres à *justifier* cet état des choses, une bu-reau-cra-tie des relations qui le positionne au sommet de ces contrats protecteurs des émotions que lui soulèveraient une relation profonde – égalitaire – avec autrui, avec le monde : le contact de ses sens et du monde. Et l’objet de cette démarche est d’instaurer *la solitude comme institution structurelle de la société*. Le petit-chef est seul, sa malveillance c’est la solitude qu’il impose.

Pourquoi ne pas émettre l’hypothèse qu’il serait possible de nous sortir de ces « miasmes morbides » (Baudelaire) par la détection *sans pitié* de ces petits-chefs ? Parce qu’il serait aussi possible que l’institution de ces anti-petits-chefs permette qu’advienne l’érection débile de petits-chefs d’une sorte différente, mais aussi nocive à la liberté. Dès lors... quelles dispositions adopter pour être suffisamment prudents afin d’éviter cet écueil, cette « minéralisation » de la vie ? Le JEU : un petit-chef, qu’il soit anti ou nanti, ne sait pas jouer avec la vie, il n’a pas confiance en la vie qui passe son cours : il craint sans fin qu’il lui advienne un malheur, celui-là même qu’il provoque en étant petit-chef et cette rigidité est détectable comme un grain de sable dans une salade : ça crisse désagréablement. Encore une fois, mes aminches, c’est une histoire de senti et de ressenti : c’est quand le grain est broyé par les dents qu’il se révèle et que notre mâchoire devient soudainement plus prudente : ce n’est pas agréable.

J’ai déjà, il y a longtemps, détaillé par le menu cette histoire de « petit-chef », de ses indispensables dispositions (qu’il crée de part son existence-même), de ses attributs (particulièrement en relation à cet aspect particulièrement grégaire qu’est le *prestige*) et de ses appendices *sociaux* : le sbire et larbin. Mais, finalement, il ne s’agit que de variations de la cuirasse caractérielle, variations qui se cooptent, se ralient, et s’auto-supportent ou s’auto-justifient, les unes les autres : nous avons affaire à des hères qui ont perdu tout sentiment du profond de leur intégrité et leur intégration SOCIALE, leur corps grégaire, en vue de s’imposer comme *individu* : cette sorte de sujet qui n’a PLUS de division, de correspondance avec le monde vivant, l’environnement.

[à ce point de progression, je veux préciser ceci : la liberté n’est pas l’anarchie, une sorte de bordel structuré par des qui sont « plus égaux que d’autres » (Orwel) : la liberté est une libre expression de la vie INTÉGRÉE à un groupe, de laquelle le (ou son) JEU développe un plaisir SOCIAL. Si je m’adresse ainsi à toi, c’est que je sais que le petit-chef qui demeure en chacun de nous va vouloir se formaliser dans une forme de maltraitance dont il n’aura aucune conscience, alors qu’il pourrait user de son intelligence à des fins collectives. Il en est de ceci comme (par exemple) de la « musique » : est-elle vivante (jouée sur le tas) qu’elle participe au mouvement de la vie qui passe ; tandis qu’artificielle (émanant de hauts-parleurs extra) elle ne représente rien du moment qui passe sinon que de passé et révolu comme solution à une angoisse irrépringible, où cet esprit de petit-chef enjoint SON INTERDIT qu’il impose à ce moment de vécu.
En somme, détecter le petit-chef est facile dès lors que, soi-même on refuse de l’être ou n’escompte pas pouvoir le devenir. Humblement, c’est ICI que se situe la solution de notre problème, et les possibles qui nous permettrons de parvenir à une vie moins bu-reau-cra-ti-que. Mais aussi, il faut tout autant détecter le sbire – élément naturel de la vie qui se retrouve dans cette agressivité face à ce qui lui obstrue son mouvement (genre les *** en 68) ; et le larbin, toujours près à maudiférer (ce mot n’existe pas en français, qui signifierait un mélange de maudit et de légifère) la vie, à la CADRER dans SES cadres – le petit-chef n’y reconnaissant rien – pour se rassurer son impromptue émergence et voir son regard se miroiter dans les yeux de son petit-chef qui lui est totalement indifférent : le petit-chef est lui-même l’indifférence : il n’attend aucun retour autre que sa sublimation ! hahaha !]

Je n’ai (à mon goût) pas suffisamment insisté sur un aspect de ces tristes comportements : *la violence* dont ils sont détenteurs, comme ses tâches la peau du léopard. Tout désir de pouvoir sur autrui ne peut qu’être violent, quelqu’il soit. La violence de la bu-reau-cra-tie se manifeste dans cette froideur glacial (je ne sais plus ce qu’avais écrit Marx à propos des « eaux glaciales du calcul égoïste ») face à l’existence de la vie, en soi. Le petit-chef est absolument indifférent à quoi qui se passe autour de lui qui ne concerne pas son narcissisme en manque de flambée. L’objet du sbire est l’usage de la violence sous couvert, à la fois de son ignorance (qui, rappelons-le, ne doit qu’à elle seule de l’être) et de l’énergie qu’il déploie pour maintenir ce qu’il a préjugé devoir être maintenu en l'État, sans discussion possible, même à l’aide de LBD, de lacrymos ou de tonfa (et, généralement, en réponse au contrat d’allégeance destiné à cet effet, moyennant salaire – oups : ses émoluments) ; et notre gratte-papier, notre comptable, notre députocrate ("à la lanterne !"), notre juge, notre avocat, etc., tout ce petit monde vous prend la tête et vous pourrit la vie, sur la persistance de l’Impôt (taxes, etc.) et la justification de leur existence et de l’existence de ce dont ils justifient leur existence : l’Impôt sur la vie. [je comprends qu’il faille un délibéré qui statut sur les différents entre les gens qui se disputent, mais cela doit s’intégrer dans la vie sociale, par les gens eux-mêmes, qui trouveront adéquatement – à partir d’une organisation dotée de discrimination face à ce pouvoir s’exerçant quand le cadre de ce désir de justice – à répondre à l’équité des exigences particulières.]

Quand cette société est agressive, gueularde, bruyante, puante, dégoutante, polluante, et *violente* dans son propre comportement, ses inventions, les dispositifs qui tentent de trouver une cohérence sans y parvenir jamais, car elle est *spectaculaire* – je veux dire orientée vers la satisfaction de la marchandise, loin de permettre une satisfaction autre que la *circulation* de cette marchandise, qui, comme l’Impôt, trouve sa finitude dans la poubelle de celui qui règle toutes la taxes sur cet objet en *l’achetant* –, quand cette société est violente, elle ne manifeste que ce dont elle est capable : RIEN DE PLUS ! Pour elle, le progrès se situe dans l’outil, la *technologie*. Mais, dites-moi : quand (du temps sans électricité) un ouvrier planait à la varlope, puis le passait au guillaume et au tarrabusquin, le panneau qui allait composer la porte de l’armoire qu’il se destinait à achever... que réalisait-il de MOINS que cet autre ouvrier qui passe sa planche dans la raboteuse et la toupie ? En *bruit*, en temps, en composition de ses gestes et de son habileté, de ses *repos et de ses pauses* (en supposant des relations personnelles satisfaisantes avec ses comparses) cet ouvrier n’a pas moins (bien) vécu le temps qui passe, sinon que de *bruit* et ce bruit ne paraît plus comme une *violence* à l’organisme (il s’en prévient par le port d’un casque) qui le produit, volontairement, de manière déterminée, comme une « facilité » du boulot ! Quel échange !

Cette violence est tant intégrée dans la vie actuelle des gens qu’elle a pu se manifester, dernièrement (et pourtant de pure abstraction improductive), par le port *obligatoire* d’un « masque », ou une auto-autorisation de sortie. Une fois encore, une violence instituée par des bureaucrates assise sur les crainte d’un petit-chef confronté dans son « pouvoir » aux masses contraires (et même petites-bourgeoises), que des sbires décervelés par leur contracture volontaire s’empressent d’exécuter à coups de LBD, lacrymos et tonfa. Ce dont je parle ici, est cette violence de laquelle les gens en sont arrivés à ce point d’accommodation par leur *acceptation* d’ycelle... sans réaction dénégative effective, à part des « manifestations ». Le seul fait de l’existence de la *politique* est une violence sociale.

La question de la violence doit se poser quand elle apparaît, quand ses effets socialement délétères dépassent le droit des gens... puisque dès qu’elle se manifeste, le droit des gens n’existe plus ! Elle demande certes, au moins une discrimination de ses mouvements, mais surtout une dénégation radicale de ses manifestations... parfois même, par la violence, pour la faire taire.

Ainsi, la malveillance est une interrogation complexe (si on veut). Elle est complexe pour quelques raisons, dont, notamment, ce qui la fait émerger, son origine. J’ai tenté de montrer qu’il est possible, avec un peu d’attention, d’en déceler les prémices et d’y pallier en rassurant l’enfant quant à ses angoisses qui ne sont pas toujours fondées, pourvu qu’on soit, soi-même, pour un peu équilibré : qu’on ne veuille pas détenir, soutenir, ou provoquer par sa propre attitude, son propre mouvement, un quelconque *pouvoir sur autrui*. Selon mon sens, ce devrait être là un cheminement propice à nous conduire à la légèreté (abominée par la bu-reau-cra-tie) d’un meilleur vécu pacifique (incompréhensible pour un sbire) (pas précisément) anti-individuel, mais collectif : NOUS.


 

lundi 7 mars 2022

Dussé-je ne pas me corrompre d'uniforme

J’entends, souvent pour me contredire, que derrière un humain il y a toujours un humain. C’est faire fi que *devant* un humain, il y a un être SOCIAL, je veux dire qui entretient de manière plus ou moins consciente (qu’avons-nous à faire de cette « conscience », dans cette circonstance précise, puisqu’ici c’est le *résultat* qui se présente à nos yeux qui compte) une RELATION sociale avec autrui. Ainsi, lorsqu’un policier, un juge, par exemple, a choisi, et (s’) est employé à une tâche SOCIALE, il en a accepté le contrat par sa signature, et accepte les émoluments sur son compte en banque : il a accepté une contre-partie SOCIALE (de l’argent) pour achever (selon lui) un ouvrage SOCIAL (être aux ordres de la loi et de ceux qui la font) en sorte de l’appliquer !

Je me souviens de cette chanson de Gilles Servat qui relatait ce flic qui tape sur son frère : quand un frère tabasse son frère pour une CAUSE et que cela ne l’interroge pas, il ne s’agit pas pour lui de *discuter* d’une cause à coups de matraque, mais de l’exécution d’un contrat SOCIAL auquel il obéit, pour l’avoir SIGNÉ, et auquel il S’ADONNE contre monnaie trébuchante, puisqu’il tient la matraque qui tabasse, le LBD qui meurtrit et les lacrymaux qui étouffent ; et de l’IMPOSER. Le policier qui se dédie au « maintient de l’ordre » sait, d’emblée, de QUEL ordre il s’agit : celui du capital (qui cache derrière son petit doigt le patriarcat en mouvement), il SAIT de QUOI il retourne... il n’est PLUS innocent.

Effectivement, le flic est une personne en soi et pour soi : elle se détermine et se réalise selon SA volonté. Que cela soit su.

Que cela soit su, surtout de lui !

vendredi 25 février 2022

Guerre bourgeoise encontre de la révolution

Le *problème* (en ceci que ne peut pas occurrer ne serait-ce que le libre dans le mot « liberté ») de la révolution est insoluble : l’incroyable (youps) nombre de croyants ne le permet pas. Et je comprends Guy Debord lorsqu’il affirme qu’une vie peut, parfois, en traverser une, mais pas plus (moi, ce sera une *guerre*). Et en quoi ?

Toutes les révolutions (outre qu’elles vont à l’histoire et que l’histoire n’en regorge point) sont *à la fois* le fruit d’une détermination des gens de se déterminer selon leur vouloir collectivement, et à la fois, l’accomplissement du sujet de l’histoire : ce petit humain qui cherche à conjoindre les jouissances de la vie dans les plaisirs de la grégarité « régulière » : une liberté sans conditions sinon que de bon-sens, une égalité qui ne soit pas dérisoire et une fraternité inconditionnelle.

Nous aurons, ou pas – selon ce que NOUS ferons du temps qui passe –, l’occurrence d’un revirement – cette révolution – alors que la pathétie générale de la société ne permet guère davantage qu’un semblant de chamboulement qui restera à la hauteur du frémissement de la culotte du bourgeois, en chacun des prolos disposé sur les bases démentielles de ce premier.

Du fait que le bourgeois possède tout – et votre pensée, et votre âme et votre satisfaction de l’existence – c’est quand la révolution est sur le point de se manifester, que la guerre occure. La guerre est la résolution actuelle du problème actuel bourgeois, SA résolution qu’il oppose à cette remise en cause pratique de sa dominance et de son ineptie par les gens, de sorte que ce problème bourgeois ne trouve PAS de solution autre que LA (ou UNE)  révolution selon sa compréhension du monde : la guerre ; et c’est sa manière de pouvoir écarter l’obstruction à sa marche propre, cette révolution (à sa place je ne ferais pas autrement) par la DESTRUCTION. S’il y a « guerre », c’est que nous avons collectivement perdu notre projet, alors que celui-ci pouvait se réaliser, ou bien encore, qu’il n’avait pas assez d’énergie pour se réaliser.

Nous devons sans cesse parvenir à comprendre ce que les gens ne comprennent pas – pour nous évident – non pas pour les éveiller, mais plus pour les perturber dans leurs assises : un gens est un gens, et si ce gens avait un tel entendement du monde qui lui permette de le comprendre actuellement (et non pas selon des mystiques journalistiques ou paternalistes) – pour SE prendre en charge, sa vie et en commun celle de la société – nous n’en serions pas à cet écrit platonique et à une guerre, dont il fera sans fin les frais, faute de courage et de détermination quant à SON projet – qui sera toujours TROP révolutionnaire pour la bourgeoisie !

De part ma position, je ne suis ni un « battant » ni un « combattant », je n’ai rien à protéger, perso, que la liberté de mes mouvements, encore qu’elle ne me semble pas suffisante puisque j’ai toujours et encore le désir de RENCONTRER librement autrui. Je suis aussi conscient que Baudelaire que mon pire ENNEMI est l’ennui et que l’antidote de l’ennui se trouve précisément dans cette *rencontre* d’autrui, l’étranger à soi, le disparate, l’inconnu, l’étrange, et aussi bien, le familier peuplé de ces altérités au vécu. La guerre est une asthénie du sens grégaire (notre vie en troupeau) de ce que nous sommes, réduit à la « compagnie », l’uniforme, les ORDRES indiscutables.

Et quand un peuple est à ce point asthénie, nulle révolution (youps !) n’est possible... et la guerre devient évidente du fait de la sous-jacence des idées révolutionnaires que CONTIENT le peuple qu’il faut éteindre. La guerre correspond à cette présence du désir de révolution, mais imposée par le bourgeois. Actuellement, la guerre n’a aucune répercussion économique, comme autrefois, mais seulement une sorte de « mise à niveau » de l’emprise bourgeoise sur le monde et son assertion, sa certification guerrière manifestée, son désir de conquête hégémonique et délétère de la vie : ne liberté conditionnelle,  une égalité dérisoire et une fraternité aléatoire.

La guerre n’est opportune (comme la covid-19) qu’à la bourgeoise et sa main-mise (sa POLLUTION ! le pourrissement du monde selon son mode de fonctionnement intrinsèque, de l’ensemble de la Vie) sur le monde. Si nous voulons une révolution, accomplissons-la, sans scrupule ni ménagement, en bousculant avec cette sorte de détermination dont nous sentons un définitif, le nôtre, ce monde de m.rde (oups : bourgeois).



lundi 21 février 2022

Dévoiler l'illégitime du tordu

La faille du pervers se situe dans cet espace où il SAIT qu’il n’est pas légitime ; en soi, le pervers se sait sans légitimité, et c’est LÀ que notre coin doit s’enfoncer. Nous devons « absurdiser » sa (sa présente manifestation) perversité de sorte que ceux qui ne le sont pas encore TROP, puissent reconnaitre qu’ils ne le sont pas selon l’absolu qu’il leur est présenté [le total reniement de tout sentiment de grégarité] et REFUSENT de le devenir davantage.

Notre devoir est de montrer, démontrer, souligner le caractère PERVERS de ses démarches, car chacun contient en soi la connaissance de cette nocivité qui n’a aucun lieu d’être : elle est ILLÉGITIME. Le pervers se sait illégitime, en ce fait qu’il nuit à autrui, et la perte de ce sens du BIEN COMMUN correspond à la perception qu’il a renié de son âme.

Notre objectif est d’« absurdiser » l’absurde de la perversité (qu’elle soit paranoïaque, narcissique ou psychotique) de sorte à remettre dans son abîme la honte qu’il a écarté de SE sentir pervers et de s’adonner à CE qu’il sait illégitime.

Le pervers, le parano ou le psychotique s’est défait de la HONTE de l’adoption (oui, adoption) de son caractère quant aux avanie de l’existence : nous devons rétablir cette honte chez les personnes qui sont sur le point de choisir une de ces options d’adaptation néfaste à l’existence humaine, en rétablissant, non pas l’honnêteté, etc, mais l’illégitime de cette démarche comme FACILITÉ asociale de se satisfaire de l’insatisfaction par abandon des possibles POSITIFS.

Quand le pervers s’abandonne à l’abandon de toute positivité face aux avanies de la vie, il SAIT que cet abandon est honteux, et redoute alors qu’on souligne son illégitime : il a abandonner le meilleur pour adopter le pire, en retour de sa propre impuissance, SUR AUTRUI.

Notre action de dénoncer l’absurdité SOCIALE de ces gens qui ne reconnaissent entre eux et ne cooptent que l’individualisme exclusif de tout qui n’est pas le pouvoir autre que sur autrui, ne consiste pas à « lutter contre » ces idiots, mais à montrer, décrire, souligner l’action délétère de ces idiots, toujours selon ce fait de leur illégitimité SOCIALE.

Nous, NOUS !, sommes des êtres sociaux qui aimons notre prochain, lui souhaitons le bien-vivre et la satisfaction de l’accomplissement de soi.

NOUS ! qui discriminons la perversité, qui nous carrapassons contre la peur imbécile (résignée) d’autrui, et sommes loin d’admettre qu’autrui puisse être une forme de mort à notre égard, n’avons seulement pour pouvoir que de *décrire* l’ensemble de ces bêtises. L’ennemi n’est pas bête parce qu’il est notre ennemi, non, il est bête parce qu’il est stupide de son propre état d’être... et ce sera sa perte, au moins un moment.

Les gens acceptent d’être menés par d’autres qui ont peur de la vie, parce qu’ils ont eux-mêmes peur de la vie : il faut désapprendre à avoir peur de la vie.

dimanche 20 février 2022

L'actuel gôut de ma vie

Quand frissonne mon scrotum

toujours se pose l’interrogation

de savoir si c’est moi qui fantasme

ou si la femme présente
 


Souvent (avouons-le) la femme

glisse sur cet effet des sexuelles

accointées de la vie qui court

À moins d’y propenser

une sensibilité qui sera sans fin

à se percevoir comme son avantage


 
Et cela, j’en suis loin encore

(le pourais-je un jour ?)

d’en saisir la subtile labyrinticité.

La femme n’envisage pas le monde 

tel que mes désirs de plaisir

Instantanés et
pourtant
tend à y participer.


 
Ressentir un moment érotique

n’est pas anodin avec une personne

Position, oui, mais hasard du moment

Encore que quand vos couilles frissonnent

on se pose

avec toute une modération répondant

à votre sens de l’honnêteté, du respect et du doute

la question !


 
*****
 
Je suis privé de tout

et surtout d'amour

et cette vie qui s'étire sans fin

c'est chiant

mon cœur sanglote 
des larmes sèches 

que seul humecte le
chant ensoleillé des oiseaux 

Ce monde est violent de vide


 
*****


 
tu lèves la tête et

tu regardes les nuages

et au-delà du bleu du ciel

tu regardes le cosmos
tu te dis
     putain quelle merde !
     l'humain malade

alors que tu sais que
tout n'est que de passage


*****

J’entends d’ici le glas gros du jour
Qui martèle l’air en lourdes cloches
Devant le sang que la nuit savoure
Bruits scandés du temps qui s’effiloche

Deux trois traces au plus d’un long séjour
Fatigué d’autant d’idées gavroches
Volant en rire grave ou pleurs d’humour
Fils ténus d’usure sans plus d’accroches

En héritage voudrais-je un bon don
Comme en partage tracer mon sillon
Qu’un seul mot, image des complices

Devrais-je dire comme anti-factice ?
Le vrai lieu nous, notre seule praxis
Que ce seul joint qu’est (diable !) le contact.

***

**
 
Dans ma coupe je dois trouver mon soleil


 
Mon ivresse à contempler le fond de mon verre

et retrouver les miroirs vagues du liquide soulant

vider de nouveau pour remplir sans fin le creux

une fois encore jusqu’au débord de la conscience.
 


Je n’ai que toi, supposé lecteur, ainsi qu’un comparse

dont l’attention ballotte sur l’océan de ton absence

comme cette solitude imprègne mon âme ahurie

qui te parle en ami, désireux d’une plus carnée complice.


 
Les bouteilles m’accompagnent successives aux lèvres

à soutirer d’amour liquoreux qu’entasse le vert verre

aux verres comme ces cailloux qu’on pose comme tombe.


 
Car finira ce jour si peu ensoleillé qui déjà a duré

trop longtemps. La pire souffrance de l’âme sans consort

est ce pire de s’en sentir à jamais sans plus d’espoir séparé.


 
*****


 
quand ce que tu crées 

correspond à ce que 
tu veux
modifier de 
l'existant en bon.


 
*****

Ce soir encore, pour seule compagnie
une bouteille
Je hais ce monde et ne puis pas l’exprimer

Il y a un cul de bouteille à haïr le monde
la haine du monde est incompréhensible
comme un contenant vidé bat le son

Un goulot se pose à mes lèvres pour dissoudre
la haine du monde et la noyer solitude
seul bécot pour baiser d’ivresse

Le gracile du corps me manque et froid
Pesant dans ma main diminuant
Pour une cyprine claire me tient compagne

Glouglou dans mes oreilles sans souffle
Susurré qui tombe dans le volume du verre
bruissant sans bouche sinon que la mienne

J’entends la vie s’éloigner et de mon sort débattre
sans moi ni complicité. Quel singe puit
haïr son monde sans d’espoir se trahir ?

L’ivresse absorbe mon vague dans son nuage
contente-toi, toi, de l’acquis du temps
voici là un contre-cœur de la grâce du vin

*****


 
je vois cette mandarine

la peau lisse et gonflée

j’hésite à la peler tant

elle ressemble à tes fesses


Je la regarde, interrogé

et me dit qu’il y a un profit

à la dénuder, à la peler

pour en découvrir la chair


Le jus de la chair, et ses chaleurs

sa douceur, ses caresses douces

un lisse qui glisse et se file

sous la trame de mes doigts


Ta chaleur irradie mon désir 

et ton sourire l’abreuve

sois compatissante à toi-même

et répond à toi notre rencontre !



jeudi 10 février 2022

On n'en est pas loin... persévérons !

Il y a trois sortes de personnes dont la cuirasse caractérielle (qui est une adaptation rigide adoptée face à un monde rigide) les détermine à vouloir le pouvoir sur autrui :
- les narcissiques
- les psychotiques
- et les paranoïaques.

Chacune d'elles selon son adaptation a renié *de fait* l’empathie : plus aucune n’est capable de s’identifier à autrui de manière avenante, co-participative, collaborative, capables de partager sans contrepartie, de commisération ou même d’amour sinon que l’amitié pathologique. L’empathie est un contact entre les gens qui manifeste la spécificité grégaire de l’humain.

Ainsi, *socialement*,
- les narcissiques ignorent que leurs décisions et leurs agissements provoquent du mal, ou détruisent le bien, le bon, le juste, le partage ;
- les psychotiques recherchent par leurs décisions et leurs agissements à provoquer chez autrui du mal, ou à détruire le bien, le bon, le juste, le partage ;
- et les paranos ne tolèrent pas qu’autrui n’ai pas mal, car ils ne peuvent admettre le bien, le bon, le juste, le partage.

Tous ces gens qui recherchent le pouvoir, cherchent pas là-même à ce qu’autrui souffrent comme eux, incidemment, de *ce manque empathie*, car ce manque d’empathie est une maladie spécifiquement humaine particulièrement douloureuse : ne pas pouvoir s’identifier à autrui est douloureux. Les gens qui recherchent le pouvoir sur autrui ont peur de l’empathie.

Le choix qu’ont adopté ces trois formes de recherche de pouvoir sur autrui est finalement un choix de *survie*, puisqu’elles ont égaré l’essentiel de la vie, que la vie *sociale* (la trame de l’empathie et le fil de la différence) leur a été perdue, du fait de leur adaptation rigide face à un monde rigide : *ils survivent au manque d’empathie par la  recherche de pouvoir sur autrui*. La recherche de pouvoir sur autrui est un mode existentiel de survie. Le pouvoir sur autrui est un mode de survie, un *pis-aller* pour survivre de manière individuelle.

Ces gens ne peuvent pas participer à la société sans exercer un pouvoir sur autrui, car ce serait pour eux perdre leur âme, âme qu’ils ont d’abîmée. Ils auront peur de se perdre dans toutes activités sociales qui approchent le beau, le bon, le juste et le partage – dont la bureaucratie est l’absolue anti-thèse –, car ces activités sont normalement impliquantes pour être pleinement vécues : ils y restent comme *séparés* de ce qui se passe, et cette « séparation » étant insupportable à vivre, ils doivent tenter de pouvoir maîtriser ce qui se passe en prenant le pouvoir sur autrui qui vit ce qui se passe.

Il y a DEUX questions :
- en quoi des injonctions aussi stupides peuvent-elles trouver une matérialité dans le DÉSIR d’être obéi ?
- pourquoi les gens obéissent-ils de facto à cette bêtise, par la matérialisation de leurs petites mains ? Pourquoi les gens obéissent-ils à la bêtise ?

Tout cela ne peut relever que de l’acquis : on acquière la bêtise par *éducation*. Je brûle mes étapes pédagogiques en affirmant que nous devons nous pencher sur cette *acquisition* de la bêtise, par l’éducation. Non pas que nous devrions être plus « intelligents » (devrions-nous accorder à cette intelligence une importance telle qu’elle soit indispensable pour vivre *plaisamment* ce monde, le nôtre ?), mais que nous puissions vivre avec plaisir la vie qui passe !

Je ne suis qu’un être théorique : juste et seulement des idées qui ne s’excluent pas d’un delà du vécu bien perçu (selon moi, évidemment). Mais... héhéhé... mais... je ne suis pas content du tout des possibles de plaisirs SOCIAUX que le monde qui se présente (en toute praxis dont je vais m’évertuer à démonter théoriquement l’absence) à moi, puit me DONNER de vécu et dont on ne puit pas dénier l’exigence qualitative (à moins de RÉSIGNATION devant ceux qu’on en espère), à moins de capitalisme.

Ainsi, le capitalisme ne correspond pas seulement à l’exploitation d’une *pensée* du monde s’imposant à la *volonté* d’une autre – au point de lui dénier toute autonomie – mais à la perpétuation de la pensée de crétins à perpétrer cette exploitation sur eux-mêmes ou sur autrui : selon quoi, une *image* de la vie suffit pour anéantir tout projet de bonheur. Ce schéma du « chacun, pour soi et contre autrui », souligne que cette *exploitation* est i-di-o-te, sans que rien ne se passe pour autant d’une remise en cause, de foutre ce putain de monde de merde en dehors du concept du vivant !

Dès lors, sachant que le pouvoir sur autrui est une main-mise sur autrui du fait de malades *sociaux*, notre tâche première est de discriminer drastiquement cette prise de pouvoir qui sera *toujours* délétère : à cette tâche, nous n’avons donc rien à perdre à perdre notre temps sur ce sujet, sinon que nos chaînes : les choses progresseront alors par *négatif* !

En sorte que, sur cette constatation sévère que le monde est « dirigé » (vers où ? le bonheur ?) par des narcissiques, des psychotiques et des paranos, toutes les productions qui en sont issues répondent immédiatement à ces trois formes de dénégation de l’empathie. Que ce soit des centrales nucléaires ou celle de fusées sur la lune, la production des « médicaments », la circulation des biens, des gens et des idées, qui ne tend dans sa forme qu’à correspondre à ces malades sociaux afin qu’ils s’y retrouvent, eux, dans le monde qu’ils ont créé eux, avec nos petites mains débilitées... Notre aliénation se situe à nouveau dans le fait que nous devrions éviter de nous interroger sur la question de cette prise de pouvoir obnubilante, et à nouveau QUAND nous la réalisons, du fait de cette obnubilation. Le sachant de l’humain est de se reconnaître sujet des images comme interprétation du vécu historique traversé, et la CRITIQUE de ce vécu qui transgressera EN IMAGE une DOXA invivable.

Il faut aussi savoir que le pouvoir s’assoie sur une puissance : celle des sbires et des larbins. Il s’agit exactement des mêmes trois « caractères », à cette tergiversation près que ces derniers n’ont pas réussi dans la cheffitude par une telle prise de pouvoir hypnotique sur autrui ; et ceci pour plusieurs raisons dont la principale est qu’ils se sont (ou ont dû se) laissés spolier le pouvoir par un plus FORT, c’est-à-dire, un plus charismatique, un plus hypnotique – qu’on donc à cacher ces chefs que leur prise de pouvoir sur autrui par des bêtises en belles images ? –, tout en gardant la prérogative d’exercer toujours du pouvoir par l’intermédiaire du chef.

Je ne parlerai pas du « bon peuple » qui se laisse berné par ces sottises, supposant que le peuple n’attend pas qu’on lui impose un pouvoir par le sabre et le calame, ou même qu’on prenne des décisions à sa place pour le remettre à sa place, laquelle il doute légitimement de la légitimité de la position où le chef le pose, mais de laquelle il n’en a (presque) rien à faire. Les *calculs* politiciens le dépassent du fait que lorsqu’il manque lui-même d’honnêteté, ce ne sera pas pour assoir un pouvoir sur autrui, mais pour se débarrasser d’une position incommodante qui le gêne. De plus, ce serait faire fi des conduites naturelles de résolutions des conflits, ce dont le chef ne présente pour dépatouillage que son « autorité » (sbires et larbins) quand les gens cherchent le moindre perdant, pour avoir un sens de la vie nettement moins bureaucratique : la mémoire du vécu est suffisant, car il est véritablement *vécu*.

(De là, à force d’explications alambiquées, la cheffitude peut s’instaurer comme reconnaissance d’un *grade* dans la hiérarchie de ce pouvoir qu’ils instaurent, derechef. Le pouvoir crée une hiérarchie qu’il est jubilant de montrer dans des « grades », ici d’autorité, là d’incompétences, oups, de bureaucratie. En ceci le « pouvoir » est bifide : la tête, certes et aussi les deux triques, le sabre et le calame.)

Pour autant, la passivité devant les malheurs que la cheffitude provoque dans l’organisation grégaire du peuple, interroge, je n’en doute pas ! Les gens se sont (par paresse renonciatrice, ou par abandon de ses propres pouvoirs sur leur vie propre, par indifférence ?) laissés hypnotisés par un charisme consistant à enfourner les malveillances du système chef-sbire-larbin dans une gangue de bon-aloi. C’est que se révèle un élément crucial dans ce système, qui en est le but et la justification, car cet élément procure la matérialisation-même de la force qu’il puise dans ce peuple ; je parle de l’IMPÔT. Sans l’impôt, pas de sbires, pas de larbins, pas de chef. C’est le chef qui impose l’impôt, le larbin et son calame qui le justifie et le pèse et le fouet du sbire qui vous consentira à être moins rétif.

L’impôt, mes aminches, c’est le cœur qui palpite sous la couverture hypnotique et hystérique du baratin du chef. La *perception* de l’impôt est LE système corollaire à celui du chef-sbire-larbin. Même aujourd’hui où la création de la *valeur* (selon le sens de Karl Marx) semble le centre de toutes les pitreries environnementales des capitalistes, ce sera l’impôt qui assujettira les gens du peuple, qui par le loyer, la TVA, la taxe carburant, le prix de l’énergie électrique, les denrées alimentaires, la vêture, les arts, ou autre.

Nous avons donc DEUX systèmes parallèles, tributaires l’un de l’autre : le système chef-sbire-larbin (je le répète : le chef commande armées et polices – qui sont si fière de répondre à cet élan de sa volonté) qui trouveront la justification de leurs actes dans une « loi » concoctée et exécutée par des bureaucrates pour assoir la position de ce chef qui leur délèguera à son tour le pouvoir sur autrui d’agir selon leur malveillance ; et un autre système inséparable du premier : le système de l’impôt collecté par des larbins protégés par des sbires pour assoir *matériellement* au moyen de ce qui est nommé « argent » ou « monnaie » un DÛ selon leurs critères, sur la vie des gens qui n’en ont que faire. Saisit-on ? Je ne suis certes pas le premier à dire qu’UNE dette redevable à l'État est indue, mais peu ont affirmé qu’il ne s’agit que de la ventilation du système chef-sbire-larbin, par l’idée sacramentelle qui structure l’État : l’impôt. Ici, on ne doit rien d’autre que de ne pas s’effondrer sous le coup des fouets : la vie est tenace.

Persiste une subsidiaire question : comment des personnes (chef-sbire-larbin) peuvent-elles devenir de telles calamités pour le genre humain ? Comment fabrique-t-on un parano, un narcissique, un psychotique, des trucs si nocifs pour la fluidité de l’empathie ?

Serait-ce le soir, avec ses couleurs terribles et le non moins terrible transfert que la nuit présage, qu’une solution à notre problème (pourquoi si peu de satisfaction ?) se présentât à nous, en ceci que nous parviendrions à comprendre et à *réguler* la connerie de ces pauvres personnes, trop séparées de l’empathie, destructrices de la cohésion du troupeau humain ? Je souligne le fait (mais, perso, je suis incapable de proposer une solution qui, d’ailleurs paraît si complexe, qu’on hésite à l’aborder – que ce soit selon deux ou trois de mes idées, ou de celles d’autres personnes qui ont déjà montré leur pertinence). Manifestement, on en naît pas parano ou psychot’ ou narcis’, on le devient, bien évidemment. Ainsi, SI nous voulons que cesse l’IMPÖT et la structure de cette société de cheffitude, nous devons par le mouvement-même de notre démarche, résoudre ce qui provoque l’émergence de ces pathologies de l’empathie. Nous n’y parviendrons pas *immédiatement* (c’est de l’ordre d’au moins une à deux générations), mais nous pouvons poser les bases qui permettent et permettront d’éviter que de telles blessures puissent trouver dans un système ad hoc à corrompre la vie qui va son cours, comme la pollution du vivant corrompt le chant des oiseaux : l’expression de leur bonheur de vivre.