mercredi 21 août 2019

Tortionnaire et victime

Dans cette société, les gens s’identifient toujours au tortionnaire, jamais à la victime ; ou quand c’est à la victime, c’est pour pleurer sur son sort, sans jamais toucher efficacement au tortionnaire... car une telle efficacité est une (LA !) révolution... qui ne sera qu’éphémère pour retomber dans le même travers. La victime se transforme même en tortionnaire car elle incommode ce dernier dans ses œuvres qui consistent à fabriquer une victime. Ainsi, si le tortionnaire est si bien protégé, c’est parce qu’il fait une victime et que le point central affectif de tout ceci, c’est d’en faire une de plus, aux yeux de tous qui le déplorent, mais l'acceptent.

C’est si connu que cela est inscrit dans les annales humaines : on va accuser la victime de l’être, on va la soupçonner d’avoir désiré l’être, la conspuer de l’être devenue et lui poser la question du pourquoi elle n’est pas encore disparue, ou pourquoi elle n’a pas encore pardonné à son tortionnaire. Pour n’importe quelle raison, il faut qu’une personne souffre pour devenir cette victime qui souffre, selon cet étrange amour pour cette caractéristique. D’ailleurs, on ne parle habituellement pas de « tortionnaire » (d’une personne qui torture sans autre but que de torturer, fut-ce pour raison sociale) mais de « bourreau » (une personne qui tue en réponse à une sanction sociale, fut-elle auto-proclamée), une sorte d’implacable résumé d’un inéducable nécessaire.

Il ne s’agit pas d’une personnalité stable, car chacun, à tour de rôle, est ou tortionnaire ou victime. Parfois un couple de personnes sera suffisant : l’être *humain* frustré d’amour adopte, après y avoir été noyé dès le plus jeune âge, cette manière de relation sociale, affective et sexuelle en fonction d’un contexte dans lequel il guettera, attentif aux moindres variations de l’imminence d’un pouvoir sur autrui (et seulement dans ce seul but de garder la tête hors de l’eau), l’instant possible de devenir enfin tortionnaire. Qu’importe que cet environnement se dégrade, l’important est de devenir tortionnaire, et si la déprédation de l’environnement géographique s’y ajoute, le contentement sera d’autant plus jouissif  : autrui sera dans la merde jusqu’au nez, au lieu du niveau du cou.

Cependant, la victime cherchera et trouvera un moyen de « se venger », insidieusement, du tortionnaire (ou de celui qu’elle considère comme tel), en devenant à sa manière fadasse, un tortionnaire sur un autre... « plus faible... affectivement ». Elle réussira à vous pourrir la vie, par un petit détail insignifiant qui pourrira votre ouvrage. La victime devenue tortionnaire ne veut pas que vous soyez heureux, que vous ressentiez de la joie sans contrepartie, que le contentement fasse soulever de plaisir les commissures de vos lèvres et étrécir les rides du coin de vos yeux qui voudraient librement briller comme des étoiles. Elle et il haïssent cela.

Le pouvoir d’un tortionnaire ne se mesure pas au nombre de ses victimes, mais à sa puissance, la puissance de sa malfaisance, de sa malveillance, de la maturité de son désir de nuire à autrui. Le pouvoir est essentiellement délégué à des sous-tortionnaires qui se chargent des basses-œuvres que leur indique le puissant à leur regard ternis du désir d’agir en vertu de ce pouvoir nuire à eux délégué. Ce pouvoir est en somme *coopté par hiérarchie*, hiérarchiquement dégoulinant du haut vers le bas et c’est la puissance de ses agissements qui remonte en sanie au suprême. Chacun s’appuie sur le grade supérieur ou inférieur pour légitimer ses actes de tortionnaire : l’inférieur attend l’approbation du supérieur, et le supérieur voit cette approbation chez l’inférieur qui agit par et pour lui. Comme l'inférieur, le supérieur ne peut qu’être méchant, non pas pour des rasions opposées, mais par cooptation des pouvoirs dont ils se réjouissent de la puissance de la sommité. Car l’inférieur retourne contre « plus inférieur que d’autres », la brimade de son sort et le supérieur qui est « plus égal que d’autres » vomira la bile dont il doit inonder ses inférieurs. Ils sont conscients l’un l’autre, de former une famille dont l’intérêt est de perdurer, comme ils souffrent, la souffrance d’autrui.

Le jeu du tortionnaire, et celui qui consiste pour la victime à trouver vengeance, sont si intimement liés qu’en distinguer un « légitime » d’un « illégitime » est une torture dont on se ferait facilement la victime : il est impossible, généralement, de pouvoir prendre un parti, car la succession des affres étant une suite de réponses aussi douloureuses que celles de la question qu’on a subie, que de dissoudre l’acte qu’on a sous les yeux est inutile : il se reconstituera immédiatement, dans la seconde qui suit cette prise de position. En fait, il ne s’agit pas d’un jeu destiné à une fin, mais d’une fin qui n’est qu’un jeu, sans cesse remise sur l’établi pour y recevoir le coup de pique qui la régénèrera.

Mais je suis méchant, moi-même, dans ce discours. Dans la majorité des cas, la malveillance est causée par l’ignorance des conséquences globales issues de nos actes. On ignore le résultat, les effets, de nos agissements, à ceci que si elle ne peut rester sans conséquences, cette ignorance-même est une malveillance, après coup. La malversation due à l’ignorance ou à la malveillance ont les mêmes résultats : ici rien n’en est su, là, on le sait. Puis-je en vouloir à l’ignorance ? Oui, bien sûr, car l’humain est tel que l’ignorance est le fruit de notre paresse affective... de même que c’est cette paresse affective qui vous permet d’être malveillant. Mais, il y a là une *intention* qu’il n’y a pas ici. J’éprouverai cependant un grand plaisir à constater que je ne suis ni victime ni tortionnaire en vérifiant que mes agissements sont sans danger pour autrui, par acquis de conscience ou par expérience, aussi bien. La satisfaction de l’assurance de ne pas faire de victime est un gage de n’être pas non plus tortionnaire !

Ne vouloir être ni l’un (tortionnaire) ni l’autre (victime) vous pose dans une bulle particulière : vous êtes aux yeux de tous, fou, car personne ne peut le comprendre, et nul ne peut vous comprendre. « Quoi ? Vous n’avez pas de désir de vengeance ? pas de rancœur dissimulée qui demande à vomir ? Quoi ? Vous êtes exempt du désir du vouloir inférioriser autrui ? de ne manifester aucun pouvoir sur lui ou sur elle ? ». Et pour autant, on vous met en devoir de prendre parti pour le tortionnaire (l’oppresseur) ou la victime (l’oppressé) alors que ces deux *trucs* forment un couple dont les victimes-même iront s’identifier à ce tortionnaire, jalousant son pouvoir de malveillance ; ou à un tortionnaire, l’empathie anesthésiée autant qu’est asthéniée sa sensation de la répétition, heureux de faire souffrir sans souffrir immédiatement lui-même. Mais, soit directement, soit indirectement, ils vous impliquent dans leurs magouilles, car si vous n’êtes pas tortionnaire, vous ne vous sentez pas non plus être fait pour souffrir, et ces deux *trucs* ne se privent pas de vous confronter l’une ou l’autre face à cette carence, de vous le faire ressentir pour pourrir votre vie pourtant à usage unique.

mardi 30 juillet 2019

L’enfer du paradis

Le maitre-ouvrage de l'humain caractériellement cuirassé consiste à faire du paradis (la planète sur laquelle il pose ses pieds et son dos) un enfer.

Le paradis ce n'est pas ce petit bout d’espace de rien du tout nommé « Éden » mystérieusement placé quelque part sur la planète, non : le paradis c'est tout le reste et l’éden était cet enfer, avec son fatidique Arbre de la Connaissance inventé par Dieu qui a vomi sur l’ensemble du monde.

Depuis le début de son « humanité », l’humain est seul responsable de ses actes... et lui seul l’est, comme tous les animaux. Un jour, il a eu peur des conséquences de ses actes, et pour se décharger de ses responsabilités, il a inventé Dieu. Comme Dieu, l’humain est un lâche. Tant que les dieux ont correspondu à une *sensation* du monde, l’humain s’attribuait encore la responsabilité de ses actes ; dès lors que l’humain a inventé un dieu *autonome*, il s’est déchargé sur Lui de ses responsabilités, car il a perdu, cuirassé, la capacité d’assumer la responsabilité de ce qu’il fait.

Que l’humain cuirassé veuille transformer – ou transforme – son paradis en enfer n'est pas véritablement conscient, mais cette parcelle d’inconscience est sans doute la clé du problème. Les gens ne sont pas volontairement malveillants, mais ils le sont inconsciemment, sans en avoir conscience. Cette *ignorance* est l’expression de cette inconscience des conséquences de leurs actes, ou de l’impuissance à y remédier. La béance de cette inconscience (qui est le filtre psychique qui les *aveugle* (ils sont psychiquement et amoureusement aveuglés par cette ignorance), qui leur obstrue l’entendement, est cette absence de sa propre « connaissance » (pas la reconnaissance de la copulation, mais la connaissance de l’orgasme).

En ayant interdit à l’humain l’accès à l’Arbre de la Connaissance (l'orgasme et sa transe : les humains se sont « connus »), Dieu (l’irresponsabilité de l’humain cuirassé) a transformé le monde en enfer... Il le dit lui-même : « Femme, tu enfanteras dans la douleur » et « Homme, tu travailleras ».

Si Dieu existe, son procès est indispensable et il y sera condamné à vivre la condition d'humain. Il a tenté de s’absoudre de Son péché, dit-on, à travers le Christ... mais ce n’était pas Dieu lui-même, plutôt un subterfuge malheureux : il n’est *pas* passé en procès. Le procès du Christ est une cruelle farfeluterie, une foutaise de parodie du procès de l’ignorance humaine devant la responsabilité de son inertie sur le monde.

Le message du Christ omettait cette « connaissance » et l’incommensurable peur présente chez l’humain d’y accéder sereinement. Le paradis était déjà devenu un enfer, une poubelle de pourriture affective, sexuelle, sociale, environnementale.... parce que l’humain s’était, selon un Dieu jaloux de la femme, « connu », parce que l’humain avait pris connaissance de la puissance de l’orgasme et de sa transe, qu’Il jalousait. Dieu est jaloux de la beauté et de la puissance de la femme, car il ne peut y accéder ! Quand il « connait » la femme, c’est pour s’imposer à elle (parfois même sans copulation), et lui donner la charge de la gestation de son rêve avorté de sauver le monde.

Qui est alors ce Dieu ? C’est précisément cette inconscience dont je parlais plus haut, cette ignorance, dynamisées par la peur de l’orgasme et de sa transe. La haine de la Vie, c’est Dieu. Si tant de gens « croient » en Dieu, c’est qu’ils y reconnaissent leur propre haine de la Vie, que je résume par la haine de l’orgasme et de la transe amoureuse. Dieu est l’exacte mesure de l’inertie caractérielle des masses, de l’enfer dans lequel elles végètent et des éventuelles possibilités qu’elles auraient de pouvoir s’en sortir.

vendredi 12 avril 2019

Anniversaire

C'est mon anniversaire aujourd’hui. Alors je me suis fait un petit cadeau.

On dit qu’il y a deux formes de pensées :
- la pensée séquentielle qui est la plus commune (environ 95% des gens à dose plus ou moins forte : jusqu’au QI 125 en gros). Cette pensée marche par séquences qui se succèdent les unes aux autres, non pas par saut qualitatif, mais par excès quantitatif, en sorte que la pensée déjà grosse engendre celle qui vient, les unes poussant une nouvelle.
- la pensée arborescente : la pensée qui marche par plusieurs pensées simultanées qui choisit, dit-on, la plus opportune du moment (QI supérieur à 125 et test de Raven supérieur à 52).

Mon cadeau est que j’y ajoute deux autres pensées :
- la pensée associative : elle fonctionne par succession ininterrompue de pensées qui se suivent les unes les autres, sans discontinuer ;
- et la pensée d’image : cette pensée n’utilise rien d’autre que les images pour émerger à la conscience : genre, le rêve.

Mais alors quoi ?

Hébé : la pensée par images est la pensée reptilienne ; la pensée associative est limbique ; les deux autres pensées sont de l’ordre du néocortex.

On comprend alors
- pourquoi les gens ont tant besoin d’IMAGES, que les gens soient subjugués par les images ;
- que le chant des oiseaux est de l’ordre du limbique : pensée continue adhérente au TEMPS qui passe, comme les discours des politiques, absorbés par des histoires ;
- et la pensée « rationnelle », la pensée séquentielle qui assure à l’humain son adaptation technique au monde, sans une véritable discrimination, sinon que logique, du bien et du mal ;
- tandis que la pensée arborescente lui donne la liberté de penser le monde, de se dissocier du monde par un regard à facettes multiples plus ou moins cohérent.

Tout le monde est doté, à des doses différentes, de toutes les pensées qui lui permettent de vivre, c’est-à-dire, de s’adapter au monde, comme la très grande généralité des autres animaux. Les autres animaux sont obligatoirement dotés de la pensée reptilienne et de la pensée associative, tous. De plus, chaque animal est doté de la pensée séquentielle à des doses plus ou moins fortes, et plus précautionneusement de la pensée arborescente. Il semblerait que cette dernière pensée soit plus importance chez nous, animaux humains, et, sans doute par manque brutal de poésie, on se pose encore la question : à quoi cela peut-il bien nous servir ? Cela, bien évidemment, nous sert à jouir socialement de la vie.

À ceci près que chaque mode de penser est intimement lié à l’expérience du penseur, celle que chacun de nous avons vécu et vivons, c’est à dire, à l’adaptation psycho-affective liée à notre vécu dans un monde où nous avons cherché à nous adapter au moindre déplaisir. Car la pensée utilise un *moyen* – la logique – pour se déployer et cette logique est absolument dépendante de la structure caractérielle (musculo-psychique) du penseur. Un paranoïaque ne pense pas comme un hébéphrène et aucun des deux ne comprend l’humour (ni la liberté de vécu) d’une personne sexuellement mature.

Cette « logique » en tant que moyen, a plusieurs outils ou modalités (comme le charpentier a une scie, un marteau, un fil à plomb, un fil à tracer, un crayon, l’équerre, la sauterelle, etc.). Cette « logique » permet au penseur de « comprendre » le monde à travers le filtre des quatre pensées : reptilienne (images), limbique (associative), néocorticale (d’abord séquentielle, et ensuite arborescente).

Au surplus, la pensée arborescente utilise davantage les modalités de la logique en ce sens où elle n’a pas véritablement de logique sinon qu’elle-même. La structure caractérielle (la structure musculo-psychique résultant de notre adaptation au plaisir et au déplaisir du monde) exige, pour cohérence, un ordonnancement des résultats de cette pensée, car la pensée est d’abord une communication, un facteur de socialité (je parle d’un outil de grégarité) et elle doit être DITE, sinon elle pourrit et rend malade. L’apprentissage de l’enfance qui forme cette structure caractérielle mène précisément au résultat de ce qui a été pourri, ou composté, ou est encore resté vivant. La « maladie mentale » est un pourrissement excessif des pensées inexprimées sans compostage, et principalement d’origine sexuelle, du désir d’aller vers l’autre. Si l’humain sait si mal gérer ses déchets (jusqu’à en créer par obstination), c’est simplement parce qu’il n’a pas eu la possibilité d’organiser ses pensées-déchets et qu’il a dû les oublier, les laisser pourrir.

Ainsi, quelque soit son « QI », n’importe quelle personne peut ne pas être malveillante à l’égard de son prochain, parce qu’elle retire du plaisir à vivre avec elle ; sinon, l’ensemble de la pensée séquentielle s’orientera vers la malversation et les bribes de pensées arborescentes viendront s’agglomérer cette logique pour en parfaire l’imbécillité. La structure caractérielle rigidifiée annihile la bienveillance dès lors qu’elle perçoit la liberté de se mouvoir fleurir autour d’elle.

D’autre part, la pensée, quelque soit sa nature, est un jaillissement. L’ordre préétabli auquel doit s’adapter chacun de nous, a pour but, aujourd’hui, d’empêcher ce jaillissement (pour tourner nos affections vers la plus-value).

La poésie est le mode de pensée qui corrobore les quatre pensées pour les faire jaillir en un éclair fulgurant. L’amour sexuel satisfaisant, l’orgasme, est la perte des quatre pensées en une seule, en un éclair fulgurant : l’image et son identification, le temps et son attention, le rythme et son harmonie, l’amour communié.

Alors quid de l’intelligence. Certainement pas wikipédia. L’intelligence est l’art de la combinaison, de choisir dans des éléments épars, une cohérence. L’intelligence c’est trouver le meilleur, même dans le pire. La pensée séquentielle donnera à ce résultat une forme technique, la pensée arborescente une forme poétique (j’ai lu « créative »). Et quand l’intelligence est l’ordonnancement, la logique est la forme de l’ordonnancement. Le choix de la cohérence est, à nouveau, intimement lié au vécu, à la structure caractérielle. Sans compter que l’expression de cette pensée qui doit être dite doit elle aussi correspondre au moment social, je veux dire, en vertu et en fonction du moment social dont elle est issue.

C’est pour cela qu’avec un test de Raven de 53 et un QI de 125, je ne suis plus séquentiel et pas encore arborescent ! Je comprends la difficulté d’adaptation.

Allez : bises tout plein et plein de joie !

dimanche 24 mars 2019

Supercherie du patriarcat

Tu te dis intéressée par mes recherches (que j’arrête d’ailleurs, car elles me dissocient douloureusement de la société : je me retrouve seul, de manière angoissante, car pour y vivre, il faut avoir une sexualité relativement – selon chacun – débile, sinon elle est invivable, mortellement invivable). Ainsi, je comprends que tu puisses penser que je puise outrepasser une simple relation, disons... d’attraction intellectuelle.

Toute mon activité sociale (mon « travail ») a tourné autour de la question de la satisfaction sexuelle, c’est-à-dire aujourd’hui, à l’insatisfaction sexuelle. La satisfaction est un phénomène *social*, où y aboutit l’affectivité particulière. Ce monde est tel qu’il se présente à nos yeux (avec ses pollutions diverses et variées, sa misère affective, sexuelle et intellectuel, et ses pauvres) car il fuit comme la peste la satisfaction sexuelle. Il ne peut faire autrement ! Il en ignore la matière, la manière et craint à l’extrême d’y aborder, car alors il et elle subiraient une telle déstructuration caractérielle qu’il et elle en mourraient. Dans la société patriarcale, les femmes craignent leur désir, car il est *social*.

L’orgasme selon Wilhelm Reich est impossible dans notre société patriarcale, dans cette société capitaliste qui cache derrière son petit doigt le patriarcat *en mouvement*. Rien que d’affirmer cela m’extrait de toute socialité possible ! Quand les gens partagent un orgasme, il s’agit d’environ 4 % de la population, à peine, ils le dissimulent, alors qu’il s’agit là de socialité. Chez les peuples qui ne craignent pas l’orgasme (généralement les société à filiation matrilinéaire dont il reste si peu, « détruite par l’agressivité du patriarcat » – Michel Odent), on parle, on discute, on évalue, on pèse l’amour incarné. On ne sépare pas le « corps » en « esprit » et « chair », car le plaisir est incarné et source d’une grande satisfaction à vivre, où l’esprit est le support des mots. Ici, aujourd’hui, on évoque de loin ce qu’on n’atteint pas avec un demi-sourire et une demi-grimace. On a peur !

Mais, comme dit Karl Marx, une activité n’est sociale que lorsqu’elle elle est *partagée* (lui, il dit « échangée », mais c’est une autre époque). Or, je suis seul : personne ne veut partager ce sujet avec moi, personne. Même le milieu « reichien » ne comprend pas ma ténacité à vouloir dissoudre ce satané (je pose le mot) patriarcat, source de tant de malheur, d’insatisfaction, de bêtise, de maltraitance, de pollutions... ne serait-ce que par une théorie !

Du dernier texte « Aphrodisie » que j’ai écrit (il y en a eu un autre depuis : « Du rôle du travail dans la transformation de l’humain en homoncule »), personne n’a saisi l’aspect révolutionnaire, je veux dire *déculpabilisant* vis-à-vis de nos propres sensations de plaisir, inhibées par la morale du patriarcat. Ou bien si cela a été véritablement perçu, persiste une telle honte à évoquer le sujet, qu’on n’y investira aucun « partage », ni de suite. Alors que mon but est de précisément fondre cette honte. Guy Debord affirme : On se bat pour une cause perdue d’avance. Aujourd’hui, il y a un grand refus de l’usage de la sexuation, c’est-à-dire, de la rencontre, du phénomène social de la rencontre par celle du mélange des sexes : « J’ai envie de me confondre en toi » ou bien « Je veux me pénétrer de toi » (qui est l’absolu de l’inter-sexe), n’ont plus de formulation possible.

On nage dans le patriarcat et sortir la tête de l’eau donne la sensation de mourir. Chacun a sa petite marotte contre lui : qui la bouffe ingrate qu’il vous donne à manger ; qui l’air pourri qu’il donne à respirer à nos enfants ; qui l’exploitation de « l’homme par l’homme » ; qui la maladie du profit, etc. mais personne ne veut se pencher sur l’origine de cette faiblesse : *la peur de l’orgasme qui vous demande impérativement la présence d’un chef pour vous rassurer de ne l’atteindre pas*. On critiquera même le chef, mais on sera encore plus vicieux que lui pour soudoyer votre bonne santé quand vous critiquez la nature de son amour.

C’est un cercle vicieux : comme vous avez peur du plaisir sexué naturel, vous avez besoin d’un chef pour vous en protéger ; et tant que vous aurez envie d’être sous la protection d’un chef, vous ne serez jamais suffisamment *mature* pour atteindre ce dont vous languissez en le regardant de loin. Tout cela je l’ai décortiqué, et ça n’intéresse personne. CQFD !

Et oui, mais... je suis seul, complètement désocialisé. Et point de retour en arrière possible, à moins de drogues dures (médicaments) ou de lobotomie. Mais je ne suis pas seul dans cette situation : d’après les statistiques nationales, nous sommes près de six millions dans cet état, certes pas pour les mêmes raisons que les miennes, mais...

Puisque chacun y trouve avec l’incarnation du plaisir son chemin, il n’y a *aucun* ostracisme dans une société à filiation matrilinéaire. Les seuls suicides relèvent de l’amour entre frère et sœur et ils se meurent tous les deux, ensemble, main dans la main. Immense altération de la haute capacité grégaire de l’être humain, l’ostracisme relève donc de la société patriarcale. Pour le patriarcat, la sexualité est le mal, alors qu’elle est le facteur essentiellement positif à la vie en troupeau ! Non pas du lupanar, mais de la capacité à se donner à autrui en toute liberté incarnée, partagée et complice.

Tout cela du fait que je me demande pourquoi tu recules sans cesse un éventuel rendez-vous. Aurais-je des questions à te poser en tant que femme ? Avec le temps, j’atteints souvent des réponses à mes questions et le temps encore confirme ou infirme la validité de mes réponses. Il y a que ces questions sont autant de facteurs de socialité ! Mes réponses, en fait, arriveront, mais quid quand je reste seul ? J’en fait des cauchemars de la solitude. La différence est que les réponses discutées utilisent des mots communs, tandis que mes réponses n’ont que l’imperfection de mes mots.

Encore qu’il y a l’abrupte réalité : si mon « travail » n’intéresse personne, c’est parce qu’il ne peut être accueilli de ceux que cela devrait intéresser, et de ceux qui n’en ont pas besoin, ma formulation est boiteuse... il doit contenir quelque vice caché avec lequel ils ne veulent rien avoir affaire. Seul !

C’est terrifiant la solitude. À tel point qu’on affirmera que je ne cherche son antidote, la complicité, qu’à cause de ma solitude... pour me faire atteindre le même résultat : seul. On ira à dire que je colle les filles par compensation de cette solitude. Ce monde est à pleurer. La solitude est une *maladie sociale*, ce n’est pas une maladie personnelle. La solitude dénonce l’incapacité de la société à se mouvoir dans ses mouvances, à accepter l’altérité qui ne se manifeste que parce qu’elle ne permet pas de s’épanouir en son sein et parce qu’elle ne donne pas de satisfaction sinon que déplorable, mesquine et délictueuse.

La solitude c’est terrifiant. On sait que l’intensité du trauma est en grande partie relatif à la longueur du *moment de solitude* qui suit ce traumatisme. Imaginons une solitude qui dure des jours et des jours, des mois, seul, sans altérité, sans la complicité du partage ou le partage d’une complicité !

Mais quoi ? J’ai une aura qui pose bien des problèmes : elle attire et révulse à la fois. Certains regards me font dire que je pue le mâle, mais pas celui gentil, avenant, mais celui qui perce. Des personnes hésitent même à me toucher, tant la charge que je contiens leur est peu tolérable. Je leur fais pensé à la sexualité brutale qui n’existe que dans leur tête, puisque pour pratiquer une telle sexualité il faut être psychotique. Suis-je ou ne suis-je pas psychotique ? Non, ce sont les temps qui veulent cela. Je me suis orienté vers la satisfaction, je l’aborde, j’en déborde, et les gens y voient leur noyade. J’ai vu deux fois des jeunes filles faire un écart sur le trottoir, alors que je les croisais ! Quelle souffrance ne doivent-elles pas vivre pour se comporter ainsi...

C’est que les gens ne peuvent pas ou plus avoir (et n’ont-ils jamais pu, à moins d’une étourderie ou d’une confiance immodérée de ma part) sur cette manifestation de la vie, un *pouvoir* qui les en protège, c’est-à-dire qui les protègent de ce qu’ils évitent, cette satisfaction, car ils ne sont plus à même, rigidifiés par la morale du patriarcat,  d’y accéder et cherchent alors à prendre sur moi ce pouvoir qui va les rassurer. Oui, on peut penser que c’est une affabulation de ma part, mais c’est aussi le résultat de ma vie. Et on use pour prendre le pouvoir sur cette vitalité, des pires insanités. Les prises de pouvoir sur la vie saine ou qui le parait, sont intraitables, iniques et violentes, et tout cela pour l’a détruire ou en amoindrir la force. Le « sujet » de la sexualité est aussi brûlant que l’enfer. Et c’est l’enfer sexuel fait de la vie un enfer.

Mais je ne peux pas non plus ne pas me reprocher de ne m’être pas adapté à la société patriarcale. C’est qu’il s’agit d’un projet de très très longue date, peut-être dès l’âge de six ou huit ans, peut-être même avant, vers les trois ans où je situe ma première solitude, a « réalisé un destin ». Et comme projet *abouti* de vie, que ne devrais-je « castrer » comme le dit Dolto, pour une adaptation convenable ? Comment penser qu’il y a une inadaptation à la vie que de lui demander la satisfaction aphrodisiaque qu’elle a créé à l’effet de la satisfaction de vivre ? Ça ne sert à rien de vivre *sans correspondance* au monde humain ou avec le monde humain, et oui, sinon on va à la mort, car chez cet humain, animal grégaire par excellence, la mort sociale est la mort physique. Il est donc inévitable que je doive prendre mon état de solitude, au surplus, comme une maladie personnelle... à laquelle je ne sais quelle cure adopter puisque pour qu’elle se dissolve dans le temps, il est besoin d’une rencontre amoureuse. J’ai bien évidemment mes travers. Héraclite disait : Qu’importe pour d’avoir un seul ami si c’est le meilleur.

Le refus obstiné du plaisir aphrodisiaque se situe exactement dans l’asthénie des organes qui lui sont destinés – destinés au plaisir, s’ils étaient excitables, ils seraient excités. Cette asthénie peut, certes, provenir de l’éducation appuyée sur la morale patriarcale de sorte qu’elle reste encore dans l’anomie... ou l’anonymat. Mais c’est véritablement un manque de courage que de pas se destiner à redonner la vie à la vie vivante, pulsatile, puissante... sans pour autant blâmer ce manque de courage, car rejoindre ces sensations, revient à se séparer du présent troupeau et de ses convenances, de ses règles, de son pouvoir organique : le troupeau est indispensable à l’humain. Il possède une large panoplie de dénégations, de punitions, de malversations, d’acrimonies, d’insultes pour qui s’écarte du troupeau. Le troupeau, c’est LA société. Pourtant, si l’humain est un animal ô combien grégaire, il doit exister les *outils* qui permettent la vie *intégrée* à cette grégarité : l’amour, la sexuation, l’amitié, la collaboration, la participation, l’empathie, la coparticipation, l’entraide, la sympathie, la bienveillance, et j’en passe. Qu’en est-il ? Que sont devenues toutes ces aptitudes *innées* rabotées par la mesquinerie du patriarcat, où se sont évanouis tous ces rêves d’harmonie ? Pour cet « actuel » animal grégaire, le troupeau n’existe pas, puisqu’il veut ignorer l’implication d’une telle découverte et baliser de la malveillance qu’il assène, jour et nuit, les attributions rendues chétives et chérubinesques de son genre, pour les contenir dans leur immaturité. Cela souligne l’ignominie dans laquelle il végète avec sa compétition, son « espoir de gain », sa *plus-value*, ses chefs, sbires et larbins, ses meurtres « d’amour », son insalubrité, sa pollution, sa misère affective, sociale, sexuelle, son inconscience, son irresponsabilité. Le troupeau actuel est comblé d’individualistes insatisfaits qui se retrouvent dans le narcissisme de l’objet, minéralisation de leur « personnalité ». Ce n’est plus autrui, c’est l’objet, quitte à prendre autrui pour un objet caillouteux. Cela lui permet, à elle comme à lui, de ne pas se regarder, de ne pas *toucher* à les réveiller, les organes aphrodisiaques.

Tu vois que je suis le découvreur de deux thèmes centraux relatifs à notre genre. Quand Freud a découvert *l’inconscient* et l’a clarifié, Wilhelm Reich *la cuirasse caractérielle* et l’a décrite (il a aussi découvert l’énergie de la vie), j’ai découvert que l’humain est un animal grégaire et ai explicité cet aspect crucial de notre genre, ainsi que ces organes qu’il appelle « génitaux » sont des organes *aphrodisiaques* et j’ai démontré cette supercherie du patriarcat. Cela n’intéresse personne. Et pour cause !

Cependant, l’absence d’excitation du caractère grégaire de l’être humain – la solitude, ou plutôt l’absence de complicité du partage et du partage d’une complicité – amène soit à la résignation, soit à l’auto-mutilation, soit à la tristesse. Chez moi, c’est une immense tristesse, car je ne sais pas me résigner et crains la douleur du corps. Cette tristesse me bouffe tout et je suis seul à l’assumer.

Porte-toi bien et que le Céleste Couple Divin qui donne ses couleurs chaudes au soir et fait frémir la perle de rosée sur le brin d’herbe – assiette du monde vivant – au petit matin alors que disparaît sous la clarté solaire la pâleur de la lune, te couvre les épaules de sa bienheureuse et bienveillante bénédiction !

samedi 27 octobre 2018

Piloselle

Tu n’as pas dit : Enfin un homme qui s’occupe de moi, un homme qui s’attentionne à mon plaisir ; tu as dit : Il va encore falloir que je baise et subisse les maculations de mec.

Tu n’as pas dit : Enfin une queue en moi, qui bouge et m’émeut et dont je ressens l’émoi, me remue et remue ce tréfonds de moi qui demande le mouvement du soi ; tu as dit : C’est quoi cette bite qui m’agresse et qui, de plus, éjacule.

Tu n’as pas dit : Enfin un homme qui se perd en moi en toute ferveur et toute bonté, en don, qui me donne tout ce qu’il possède avec puissance et bruit pour moi, de son amour de moi ; tu as dit : Il est malade ce mec, expirons-nous !

Tu n’as pas dit : ce mec est génial : il s’occupe de moi pour que toute mon énergie l’accepte ; tu as dis : C’est quoi cette intromission et qui me pourfend de son sperme ?

Tu n’as pas dit : Qu’il est heureux de rencontrer un homme qui me ressemble enfin ; tu as dit : Putain je veux et ne veux pas et décide de ne pas vouloir communier, me donner à cette communion car je ne sais comment recevoir ses effets en moi, sa communication.

Tu n’as pas dit : Ha ! enfin un homme qui prend ma chair pour une transe sexuée possible et trouve à m’y emporter ! ; tu as dit : Restons dans le devoir amoureux et telle cette sexualité, trop de devoir !

Tu n’as pas dit : Cet homme m’aime ; tu as dit : Que dans quelle obligation me met-il, quel va être ce devoir auquel je vais devoir devoir ?

jeudi 24 mai 2018

Diversitudes

Les filles mettent du rouge à lèvre parce que ça les fait belles, mais aussi parce que ça les érotisent, ça érotise leurs lèvres et peut-être même leur bouche. On le voit surtout quand elle le passe. Mais ça reste de l’auto-érotisme bien éloigné de l’aphrodisiaque, en fait, une de sorte d’érotisme de pensée, sans raideur ajoutée ; un érotisme d'image qui leur permet de justifier qu'elle peuvent rester sages comme une image.

Elles font du porno parce que ça les érotisent aussi (autant que moi ?). Et si en plus on leur donne de l’argent, elles feront n’importe quoi. J’ignore pourquoi, mais c’est ainsi. Faut juste les maîtriser si elles sont goulues, c’est tout, parce que le porno, faut que ça dure un peu. C’est une façon de s’intéresser à ce qui se passe à l’intérieur d’elle, la recherche de l’auto-perception. Mais il ne faut pas que ça se sente trop non plus. C’est terrible une femme quand elle joue la comédie. C’est presque extrême, surtout quand elle est belle. Et aussi cet intérieur, ou plutôt, cette intérieur.

C’est quoi l’jeu ? Ce qu’on entend pas bien et ce con n’en tend pas assez.

Reconnaitre le traumatisme dont la résurgence est généralement violente, qui inhibe le don sexuel ou la quête de la réalisation de ce don, n’est vraiment pas facile, alors on va voir ici et là ce qui peut vous le rappeler (films, romans, concerts de musique, etc.) de sorte qu’avance à pas de limace la solution (une limace, c’est efficace pour manger les pommes de terre).

Le talentueux plaisir de l’étalon est de l’étaler pour l’épater. L’étalon du talentueux plaisir est de l’épater pour l’étaler, comme ça tout le monde est content.

On peut être pris de pitié pour ce pauvre monde, il se dégrade, le voit, le sent sans le percevoir. Ainsi, ne reste pour nous que la désolation et on reste désolé, car à un tel état d’avancement, on ne peut plus rien, sinon à prolonger son agonie pour parfaire sa dégradation. Mais, même cela, je ne sais pas le faire : à croire que je ne suis pas de ce monde (c’est une manière de dire que je n’y ai aucune efficacité, restons modeste).

Je suis né en France, de parents français. Ce qui m’a donné l’occasion de parler la plus belle langue que je connaisse : le français.

La vie humaine est vraiment dure : le manque d’argent pour 91 % des gens est terrible. Et bien souvent, cela réduit, surtout la femme, à son sexe l’humain qui sera vendu au plus offrant. Car le *jeu* en fonction de la demande d’adaptation n’est pas donné à tous, ou toutes, pour en tirer un profit, aussi, de plaisir, dans des circonstances aussi pauvres.

La pornographie ne tient que sur le fil de cette idée selon laquelle la femme n’a pas de légitimité à vivre du plaisir de son sexe, du creux qu’elle est. Elle sait bien que c’est SON creux la tirelire extralocalisée du plaisir de l’homme... et du sien. Le fantasme couche sur cette litière que la femme ne peut avoir du plaisir que dans la souffrance de la relégation  et de la dénégation. C’est bien évidemment faux, mais ce manque dont je parlais à l’instant, correspond au manque d’amour incarné qui se cristallise dans l’argent, les « tokens ».  Dans un tel monde d’anesthésie générale, la beauté devient pour moi une torture : l’hypogastrique que j’aime tant, je dois le trouver dans le pudendal, et je m’en trouve parfois désolé. Ce monde manque de profondeur, mais je fais tout de même de jolies chansons...

La femme est ballotée entre son hypogastrique (dont elle doit recevoir d’amour de l’homme, ou le sien) et le pudendal qui lui ouvre toutes les portes des possibles de jouissance. À la rencontre près, tout bascule ici ou là. On voit bien que trop souvent la femme est contrainte au pudendal quand elle veut ressentir les émotions de l’hypogastrique. L’homme dominant veut imposer sa loi et la loi (qu’en qu’en dise Freud) est anale.

Quand je dis que la femme est un creux, je veux dire qu’elle s’identifie au creux... que pourrait-elle faire autrement sinon qu’un schéma tordu ? Le plaisir du creux, d’elle, de ce creux est de recevoir, de prendre, d’y être introduit et d’en sentir un mouvement et de s’y abandonner, libre des sensations que lui procure ce creux. En tant que creux, la femme prend ce qui la remplit là où elle est remplie. Cette qualité de la femme sera d’autant jouissive qu’elle y participera (à moins du viol, ce qui est fréquemment le douloureux cas) d’avance, qu’elle acquiescera à l’événement, acquiescement valant approbation et participation active. Car, en fin de toute chose, la femme recevra, et elle sait que c’est là sa destinée. Il faut, à l’homme, qu’il sache ressentir le plaisir qu’il dit donner à la femme : bien souvent, c’est falot. Il n’y a pas de détecteurs spéciaux capables de ressentir le plaisir masculin alors qu’il éjacule dans l’anus. Quand la femme’ « jouit » de l’intromission annale, c’est un paramètre de « destinée », d’être creuse, le creux, ce creux qui reçoit : ce monde manque de profondeur.

M’enfin, pour moi qui ait donné ici et là, c’est banal que le geste sodomythique : il manque cette largeur à laquelle, du bout du gland, on accède qui vous donne la sensation d’atteindre le gigantesque du cosmos, avec toutes ses étoiles et leur mouvement. Une sorte de perte joyeuse, d’accès à l’immense. N’est-ce pas cela qui est l’élastique attractif du plaisir ?

En fait, l’impuissance de l’homme, impuissance qui l’effraie tant, est le reflet de ses possibles dans le miroir de sa peur. Il ne veut ni voir le miroir, ni percevoir ce qu’il est : ce qu’il ne voudrait pas être. L’homme utilise à l’excès cette disposition de la femme à l’amour qu’elle éprouve pour son sexe, et les émotions qui y sont liées. Il veut une esclave alors qu’elle se perçoit (à moins de violence manifeste) une collaboratrice : le plaisir est ce qu’il est : du plaisir. Et elle montre, en ceci, bien plus (au centième !) de *jeu* que cette pauvre bite qui ne sait que donner que ce qu’elle a (et moins encore de ce qu’elle éprouve en sous-main) et pour si peu de fois !

La fantasmagorique confrontation du plaisir mâle et femelle se retrouve, à la réduction du bouillon des imaginaires, une simple incapacité au don de soi. Bien évidemment, je ne bégueule pas la fantaisie, loin de là ! À ceci près d’une correspondance, dont la pornographie use et abuse, du féminin comme évidence obligatoire (semblable à l’ordre du syndicat de cesser la grève).

S’il y a une réponse à la question de savoir ce sur quoi vous avez, de votre vie, le moins culpabilisé, je réponds immédiatement : « D’avoir reluqué le cul des femmes ». C’est la plus belle chose au monde qui soit donnée au regard : le cul des femmes. Bon, les seins... oui, bien sûr et cela n’incorpore pas le *visage* puisqu’on la voit de dos, mais là : point de coulpe ! Le cul des femmes, immobile ou en mouvement, nu, leur vulve si étonnante et pourtant si d’une évidente particularité, si peu au fait de sa réalité physiologique, est le plaisir des dieux qui m’habitent. Le femmes savent ce qui « excite » l’homme, c’est leur sexe ! Nous devons plutôt présenter comme un déboire que les hommes ne savent pas ce qui « excite » la femme et en ceci il a à apprendre. Pour celle qui en sait, elle en sait bien plus sur nous que nous sur elle. Qu’elle soit grosse, laide, etc. elle saura faire monter la sève à l’homme, tandis que le mec, lui, n’a pas plus à proposer qu’un semblant de retard à son plaisir. Nous aborderons après nos tempêtes, les rivages du jeu érotique féminin.

Pour l’heure, j’affirmerais plutôt que le jeu érotique féminin est fortement emprunt de celui de l’homme. À la vérité, j’impose d’emblée que le plaisir hypogastrique est le summum du plaisir... on en fait ce qu’on en voudra. On peut entrevoir ce questionnement stupide, puisque, précisément, l’érotisme féminin vise la masculinité ! Oui, bien sûr. Ce que je veux dire est que l’érotisme féminin, bien que lié par essence à celui de la masculinité, laisse percevoir des « particularités » véritablement spécifiques dont, nous, mâles, devrions , parfois, tenir compte : il s’agit d’une collaboration au plaisir selon la femme qui n’attend que nous. Néanmoins, il y a des ramifications dans lesquelles, que ce soit moi ou elle, nous errons... et loin de la violence. Résidera ici une force, autant émotive qu’émotionnelle, autant captivante qu’enivrante, à laquelle on s’enjoint de don et d’abandon. C’est en cela que la vie réside, selon moi.

Il y a un payant à l’érotisme féminin. Dans quel contexte ? On dit que cela vient des temples anciens. Bof : il y a un payant à l’érotisme féminin. Ce payant est qu’elle fonde de plaisir, sinon ce sera d’argent. Mais lorsque le mâle se voit attribué par les us et coutumes plusieurs femmes, celles-ci sont généralement satisfaites de leur sort (ou au moins, elles le montrent), parce que l’idée est vivante en elles qu’elles doivent satisfaire à ce qui leur est demandé, et ce « vivant » elles l’accouchent à chaque instant.

Initialement, selon mon expérience, le féminin est doué de l’orgasme masculin... selon moi. Encore que cela ne se réduise pas à l’orgasme masculin, mais à une grande variété de plaisirs particulièrement intenses spécifiques à son sexe qui est mieux pourvu, toujours selon moi, que le masculin. Il y a un moment (à tord ou à raison) que je prédispose la femme, aussi, à ce genre de plaisir envoûtant. Le bénéfice et l’obnubilant de la femme, que ce soit sous la forme du don, de la beauté, de l’absorbant, de ne-pouvoir-pas-être-autre-que-je-suis, présente quelque chose d’intolérable dans cette société, cette organisation sociale... qui manque de profondeur.

Faut que j’arrête les délires comme hier soir : ça sert à rien, peu lisible et ça n’intéresse personne : j’ai l’impression d’avoir dit des trucs, mais en fait j’ai rien dit, sinon des banalités sans culotte. Et oui, on ose appeler une salope une femme qui aime les plaisirs aphrodisiaques ; paradoxal, non ? Aphrodite devant se déculpabiliser de ses charmes pour avoir décuplé d’eux des plaisirs incarnés...

mercredi 2 mai 2018

Le mac si rond bulle de savons-nous si

Après une première année où il avait une sorte de champ libre du fait de son caractère qui se présente comme novateur (uniquement pris sous la forme d’un nouveau) Macron se voit de plus en plus confronté à la réalité qu’il n’avait envisagé que sous la forme qu’il proposait : le besoin de « novation ». La réalité n’a rien à voir avec la « novation » (il parle de « réformes »), mais bien avec des problèmes concrets que le capitalisme soulève depuis la mort de mai 68.

Macron laisse à penser que la novation serait la solution aux problèmes du capitalisme alors qu’il n’a pas encore réussi à circonscrire le problème que soulève le capitalisme : la mort, que ce soit des relations entre des êtres vivants ou celle de la nature, par cette continuelle « innovation » qu’est la seule technologie (une forme de mécanique, d’ordonnancement de rouages, qu’elle soit nano ou bit, qui a même une quantique). Et comme l’a dit un vieux sage cocaïnomane : « Le réel revient toujours au galop » en matière de refoulé. Mais quand le réel reste méconnu, il est destructeurs par ses symptômes. Quand elle ignore son voisinage, la technologie détruit l’environnement.

Macron veut moderniser les rapports du capital avec la population, mais ce faisant, il ne fait qu’augmenter la distance entre son rêve (voir le capital enfin dans un bateau qui va selon ses besoins : l’accumulation) et la réalité : le pouvoir destructeur qui va crescendo par accumulation de ses méfaits, à la mesure de « son » accumulation de représentation de valeur, la monnaie.

Macron veut poursuivre sans fin l’accumulation du capital toujours en reniant que cette accumulation est nocive, non pas seulement à son voisinage, mais à l’ensemble du monde. Il se veut celui qui va sauver le monde du capital en anéantissant le monde vivant. Il voudrait surtout que nous soyons d’accord avec ses vues – qui ne sont qu’un rêve du capitalisme, que son rêve –, c’est-à-dire que nous ne trouvions aucune remise en cause de ce système, du capitalisme, lorsque le capital ne tient que sur le rêve d’un espoir de gain toujours renouvelé (c’est d’ailleurs précisément ici que se situe la valeur : « dans la plus-value », et nulle part ailleurs, ni dans le travail concret ou abstrait, mais dans « l’espoir de gain » ; la valeur – au sens palim-psao – ne réside QUE dans l’espoir de gain, dans la « plus-value » qui en est la concrétion).

Pour Macron, le salariat (le « travail ») ne reste pas comme accessoire indispensable à l’acquisition ou la fabrication de valeur, mais une « occupation » des gens à ne rien contester, ne rien penser pratiquement de l’existant. Macron, comme la disparition de l’argent par le contact étherique d’objets, retourne ce que est le propre de l’animal, « l’occupation », dans une dénaturalisation consistant à faire « travailler » les gens à ne rien faire de valable, ni pour soi, ni en soi, ni par soi, ni pour les autres. Cette occupation du temps permet de ne pas laisser la mesure à la pensée de s’expanser selon sa mesure, de sorte à ne rien critiquer de ce que l’on vit qui consiste à ne rien penser d’autre que ce qu’on vous donne à penser. Ce n’est pas parce qu’on veut leur donner du travail, mais pour « occuper » les gens, qu’on tente de réduire le chômage. NDDL est le genre même d’occupation qui donne à penser, à réfléchir en commun et cela n’est pas tolérable, cela ne correspond pas à « l’État de droit », la rectitude du capitalisme : l’espoir de gain y est renié, dénié, supprimé.

Macron se trouve donc confronté à la réalité, je veux dire la réalité de ses rêves et cela s’annonce dur pour lui. Pour avoir un rêve aussi immature consistant à conserver le capitalisme dans son accumulation de nuisances, même avec un petit peu d’écologie, il faut être immature, environnementalement immature, ne coopter que son riche voisinage sans se préoccuper de l’environnement. Cela ne peut se poser que comme obstacle à cette « innovation » et, doté d’un tel auto-obscurantisme, Macron ne pourra que devenir de plus en plus « droit » (raide, triquard) avec cet environnement humain, négatif, où s’accumulent, comme les plastiques divers à l’étouffement de la vie, ces nuisances. Macron agit de sorte que l’occupation qu’il fait et donne aux gens soit suffisante et nécessaire pour que son affection pour le gain soit satisfaite et qu’il puisse retirer de l’approbation du voisinage qui le coopte, les gratitudes et la reconnaissance qu’il en attend.

Le « fétichisme de la marchandise » est cet « espoir de gain » et ne consiste qu’en lui. Pour l’espoir de gain, tout sera outrepassé, la démesure sera la règle obligée (même en poussant le soupir du « hélas ! »), ce qu’on aimerait à vivre en tant qu’humain n’existe plus, sinon que comme accessoire publicitaire. C’est la « plus-value », sa recherche et sa concrétion dans l’argent, le fameux « + » de la formule de la transformation de l’objet en marchandise de Marx. Macron ne comprend pas que le capitalisme est l’acquisition correspondant à la seule et simple recherche d’accumulation en correspondance avec cet espoir de gain, de sa recherche et de son accumulation sous forme d’argent, de cette sensation de richesse coagulée dans le minéral. L’espoir de gain est insatiable.

Macron se moque des contestations du prolo, elles font pour lui partie des impondérables, des « dommages sociaux collatéraux ». Mais il va se trouver en butte devant la matérialité de ses rêves : un espoir ne reste qu’un espoir et, même s’il demande la participation plus ou moins active de tous, il ne l’est pas pour tous. C’est au dérisoire de cet espoir qu’il va s’affronter et il va mettre sur le dos des contestataires cet inaccompli qui va apparaître après que les vapeurs de son élection se dispersent dans le vent du futile... espoir. Les conditions de la matérialisation des espoirs de gain qu’il porte en étendard, n’existent plus... et elles sont de plus en plus délétères, plastiques. Il ne veut pourtant rien en savoir, car un espoir est intraitable. On sait qu’un espoir déçu mène à la violence.

Au surplus, son spectaculaire est abâtardi par ce désir d’aller de l’avant. Le besoin de transe qui doit être satisfait pour emporter le maximum d’approbation, doit éviter le manque d’incarnation. Macron brûle les étapes pour ne plus rien laisser qui sustente les rêves d’un meilleur. Il réduit les pensées à admettre que le moins bon est un meilleur : il fait table rase du passé. Il ne parle pas aux gens, mais à ses coopteurs, ou bien à des marionnettes. Il se trompe : les marionnettes sont sur scène, pas dans la salle.

Le capital ne peut se gonfler que par la consommation, le travail abstrait n’étant pour lui qu’un accessoire. Tant qu’il n'y a pas d’acheteur, il n’y a pas de réalisation de la plus-value du travail « abstrait ». L’abstraction du travail, la plus-value, est l’achat. Ce n’est pas la vente qui fait la valeur, mais l’achat. C’est la consommation. Effectivement, je pêche dans le sens où l’argent génère de l’argent à la bourse, mais c’est bien l’espoir de gain qui fait acheter des « valeurs » au cambiste. et cet espoir de gain se réaliser dans la vente, c’est-à-dire dans l’achat par une tierce personne de ces « valeurs », de cette marchandise. La marchandise n’existe que dans l’achat, et non pas la vente, d’un objet. Si il n’y a pas achat de l’objet, il n’y a pas de création de valeur. J’imagine : je vais acheter un objet dans l’espoir de faire un gain alors que je vais le vendre, c’est-à-dire qu’on va me l’acheter plus cher que je ne l’ai acheté moi-même. Il faut un acheteur pour réaliser l’espoir de gain. Le rôle de la publicité est d’entretenir en liesse cet espoir de gain, fut le consommateur le dernier du processus marchand déçu par ce qu’il a en main. À ceci près que si le consommateur est le dernier maillon du processus marchand, la marchandise s’achève dans une poubelle, le plastique qui l’a emballée dans les océans quand ce n’est pas l’ensemble qui finit dans un dépotoir sauvage ; et je ne compte pas la plus-value qui dégouline de produits chimiques répandus au cours du processus de fabrication de cet objet dans l’environnement et des déchets (résidus de fabrication) dont on ne sait que faire. L’espoir de gain qui est l’eau, le carbone et l’azote de la plus-value, est, dans le processus marchant, un « bénéfice personnel dont on jouit » de la marchandise, de la plus-value réalisée en minéral, en argent.

Ma thèse est que l’abrutissement du fétichisme c’est l’achat : si, par son bagout, le vendeur vous met en transe, c’est que vous y participez par espoir de gain, de jouissance publicitaire. Je pourrais dire (et pourquoi ne le ferais-je pas ?) que la valeur (la plus-value réalisée) est l’inconscience ou l’irresponsabilité de celui qui achète ce qu’on lui vend, que ce soit un salaire, un service corporel ou une brioche industrielle. C’est ce que je disais : encore faut-il en avoir conscience. Car cette valeur, cette réalisation de la plus-value ne vaut que par l’achat, sinon ça tombe à l’eau et ça fait plouf. On va me dire : « Mais on a besoin d’acheter ! »... là est la question. Même si on se place en bout de la chaîne « espoir de gain-fabrication-publicité-vente-publicité-achat », c’est l’espoir de gain, arrosé de publicité, qui vous y positionne ; et l’épingle est la publicité.

Ce que Macron ne peut pas comprendre, c’est que le capitalisme est fini et que, soit il nous emporte avec lui dans sa mort environnementale, bureaucratique et policière, soit nous le supprimons en évitant au mieux de nourrir sa folie : l’espoir de gain qui est une disposition d'esprit vis-à-vis du monde. Ce n’est pas l’accumulation du capital qui tuera le capital, mais la conscience de l’accumulation des nuisances provoqués immédiatement par cet espoir de gain. Va falloir revoir le logiciel de base, ou le paradigme, comme on dit ! et définitivement.

Bien que les revendications des gens sont immédiatement en relation avec l’existence du capital, Macron ne comprend rien, absolument rien, à leurs réclamations, non qu’elles le dépassent ou qu’il s’agit pour lui d’un autre monde, mais qu’il ne peut en imaginer la teneur, les exigences, l’indispensable, la chair. Bon... il a quelque part raison, puisque cela ne changera rien aux nuisances du capital que les retraites soient à 55 ans, le temps de travail de 28 heures payées 39 et les remboursement de la Sécu revienne à 100 %, timbre poste compris. Ce sera donc les prolos, une fois encore, qui vont devoir chambouler le monde, mais ce coup-ci – il ne peut en être autrement, à moins de mort – en dévastant ce capital sur sa base : l’espoir de gain, générateur de plus-value et sa valeur minéralisée, l’argent.